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Confédération Kendalc'h

Entre conservation du patrimoine et création

© Vincent Le Roy

« Nous sommes héritiers et bâtisseurs. Chaque génération apporte sa pierre à l’édifice. »

Mathieu Lamour
directeur de la confédération Kendalc’h

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« Aujourd’hui, la danse bretonne est au cœur de nos activités. L’ADN de la confédération Kendalc’h, c’est l’équilibre entre la conservation du patrimoine et la création. La tradition est par nature évolutive : notre démarche veille à ne pas la figer pour qu’elle évolue et qu’elle véhicule une culture à l’aise dans ses baskets », commente Mathieu Lamour, directeur de la confédération Kendalc’h.

La transmission aux plus jeunes est de fait une priorité pour la confédération. « Il est nécessaire que la jeunesse puisse conserver un lien avec son patrimoine proche. Il faut que les jeunes se sentent de quelque part dans le monde globalisé où nous vivons et qu’ils soient intéressés par la culture qu’ils feront vivre demain », commente le directeur. Désormais, une commission des jeunes est associée aux décisions prises par la confédération.

Sensibiliser les jeunes sur la culture de Bretagne Lire la suite

Tout un ensemble d’outils de sensibilisation et de formation est mis en œuvre en direction des enfants et des adolescents. Relais d’information, le magazine bisannuel Stoupig est distribué aux enfants de Kendalc’h. Il est le pendant du Keleir pour leurs aîné.e.s.

En 2013, la confédération a réalisé avec le soutien de la Région Bretagne un coffret ludo-pédagogique de sensibilisation sur la matière culturelle de Bretagne, à destination des enfants, en milieu scolaire ou péri-scolaire. Ce coffret met en scène les membres de la famille Pikett’ : Histo Pikett’ est un grand érudit d’histoire de Bretagne, Fringo Pikett’, experte en costumes ou encore Festi Pikett’, incollable sur la musique et la danse. Sur chacune des thématiques, des compléments d’information sont accessibles sur un site Internet dédié et évolutif, doté d’un blog. Un animateur accompagne la prise en main de cette valise pédagogique et assure un suivi personnalisé.

Transmettre aux jeunes générations le plaisir de la danse Lire la suite

Pour transmettre les danses aux enfants, les supports pédagogiques à destination des moniteurs enfants ont été revisités. Des formations spécifiques pour la jeunesse « les garçailles » sont régulièrement organisées. Depuis 2009, un bal annuel rassemble près d’un millier d’enfants : « Une façon de montrer que la danse peut se pratiquer en dehors de la scène et des répétitions, avec aussi beaucoup de plaisir », souligne le directeur.

Pour autant, la confédération poursuit sa mission de former des jeunes aguerris au spectacle vivant. « Nous avons ouvert une école expérimentale de danse bretonne  à Auray, afin d’aborder différemment le spectacle populaire pour enfant, porté par les enfants danseurs, musiciens et chanteurs. Un projet qui crée une dynamique sur le Pays d’Auray, car il est mené en synergie avec les classes maîtrisiennes et de chorale », explique le directeur.   

Partager le patrimoine dansé et vestimentaire Lire la suite

La formation au sein des groupes rime avec une volonté d’excellence affichée par la confédération : « Les groupes qui montent sur scène doivent avoir en leur sein au moins deux moniteurs formés », commente le directeur. C’est un réseau de trois cents moniteurs bénévoles qui ont obtenu un diplôme, après deux années de formation exigeante. Pour preuve souligne le directeur : « Cette année, sur les huit moniteur.rice.s qui ont passé leur diplômes, deux ne l’ont pas obtenu ».

De la même façon, des jurés-stagiaires sont formés pour intégrer à terme le collège des jurés, en charge d’évaluer un spectacle et de visionner les prestations des groupes dans le cadre du Championnat national de danse de Bretagne. Un gage de qualité pour les programmateurs intéressés ! 

En parallèle, en plus des formations de proximité proposée par les fédérations départementales, la confédération propose chaque année une vingtaine de formations suivies par plus de 1500 personnes. Ce sont des journées d’étude sur les danses d’un terroir qui abordent une dimension culturelle avec la découverte du patrimoine. Ce sont encore des formations liées à une spécialisation scénique ou techniques, à des connaissances théoriques et pratiques sur les costumes.

Inventorier et conserver « les trésors patrimoniaux » Lire la suite

Avec cette volonté de transmettre avec rigueur des « trésors patrimoniaux », , en particulier aux jeunes générations, un inventaire des danses et des costumes est en cours. Le projet Heritaj doit rendre accessible au plus grand nombre des documents écrits sonores et audiovisuels, par des publications DVD, des expositions itinérantes et thématiques et un portail web.  « Il s’agit pour nous de présenter de façon la plus scientifique possible une danse, son appellation, sa situation géographique, les informateurs et les témoignages, l’occasion de la danse, sa filiation, sa forme, sa structure et ses pas », explique le directeur. Pour le costume, la démarche est similaire : « Nous inventorions les gestes spécifiques liés à une pratique de terroir comme les coiffures féminine, leur évolution et le port des coiffes ».

Kendalc’h souhaite s’inscrire comme un pôle ressources majeur en Bretagne, doté en particulier d’une médiathèque de quelque 6000 documents et d’une borne Dastum. Son installation dans de nouveaux locaux participe de cette dynamique.

Impulser des expérimentations Lire la suite

La confédération Kendalc’h soucieuse de s’inscrire dans son époque, poursuit et impulse des expérimentations scéniques, avec par exemple Le Fourneau, centre des arts de la rue, visant à faire naître des formes dansées urbaines et déambulatoires. C’est aussi l’exploration de formes chorégraphies nouvelles inspirées de la matière de Bretagne avec le temps fort scénique Faltaziañ.

C’est encore pour la confédération de contribuer à impulser des expérimentations de création et d’évolution des costumes. « Nous souhaitons par exemple soutenir et accompagner les jeunes stylistes qui contribuent à l’identité bretonne ». Le concours Des modes et nous participe de cette démarche : s’inspirer de la tradition pour créer une ligne contemporaine. En 2015, Mathias Ouvrard, lauréat, s’inspirait d’une photo d’un couple de mariés Glazig des années 1880 pour la création de ses tenues de mariage 2020. Le jeune homme affirmait : « Si nous voulons que nos modes traditionnelles soient vivantes, il faut qu’elles puissent évoluer ».

 

C.B.

Historique

1950 : création à Quimper d’une union d’associations militantes du mouvement culturel breton. Citons les associations Ar Falz, le Bleun Brug, la BAS, les cercles celtiques…

1967 : ouverture de Ty-Kendalc’h, 1er centre culturel breton à Saint-Vincent-sur-Oust (56).

2015 : inauguration du nouveau centre culturel de Kendalc’h à Auray (56).

 

Fondateurs : Pierre Mocaër, Pierre Roy, Yvonnig Gicquel

Équipe : 5 salarié.e.s dont 3 postes fixes.

Bénévoles : une quinzaine dans le noyau dur, une cinquantaine dans les commissions de travail, de 300 à 400 bénévoles sur l’évènementiel.

Directeur : Mathieu Lamour.

Présidente : Rozenn Le Roy.

Financeurs

Région Bretagne, conseil départemental du Morbihan, communauté de communes Auray Quiberon Terre-Atlantique (AQTA), Vannes agglo (communauté d’agglomération de Vannes). Ville de Vannes et Ville d’Auray sur des événements ciblés.

Partenaires : Marque Bretagne, Ofis ar Brezhoneg, Comité du tourisme Bretagne, Kevre Breizh (coordination culturelle bretonne), Dastum, Confédération War’l Leur, Le Fourneau (centre national des arts de la rue), Coop Breizh, Parc naturel du golfe du Morbihan, Gouelioù Breizh, An Tour tan, Festival Le Cornouaille, Festival interceltique (Lorient), Festival de la Saint-Loup (Guingamp), Festival Kann al Loar (Landerneau), Le Fourneau (centre national des arts de la rue), Bagadañs, Conseil international des organisations de festivals de folklore et d'arts traditionnels (CIOFF), Européade, Folkloriades.