6

Finistère

Berven

Berven

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
178. Berven (près) - Chapelle Saint Perrin. [Trézilidé – Oratoire de saint Péran]
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.101.

Cet oratoire, situé sur la route de Trézilidé vers Saint-Pol-de-Léon, dans la descente de Kerguidu, renferme une statue de saint Péran, saint irlandais patron de la paroisse de Trézilidé. Il était invoqué jadis comme « patron des petits cochons » par les marchands de porcs qui se rendaient à la foire de Berven en Plouzévédé. C'est l'un des photographes qui est agenouillé devant l'oratoire. (T.D.)

Brest

Brest

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
111. Brest - La rade, vue prise de la promenade.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.66.

Véritable « invitation au voyage », cette superbe marine photographique est malheureusement quelque peu gâchée par la tâche blanche que l'on aperçoit sur la droite, trace du passage d'un oiseau de mer devant l'objectif. (D.P.)

Du haut du cours Dajot, du nom du Directeur des Fortifications qui en avait commencé la construction en 1769, la vue plonge, en contrebas des remparts sur l'anse de Porstrein, où, à l'abri d'installations sommaires, s'était installé un petit port de pêche, qui existait déjà au temps des frères Ozanne. C'est là que l'on calfate, que l'on répare et que l'on entretient les barques et les bateaux de la rade, qui pratiquent la pêche mais aussi le petit cabotage. En rade, une goélette déploie ses focs, sa trinquette, sa misaine et son hunier sur le mât de misaine et sa seule grand-voile sur le grand mât. Plus loin quelques bâtiments, dont semble-t-il, derrière la goélette, un bateau de Lanvaux, caractéristique de la petite flottille de la rade. (A.B.)

Brest

Bernier, Alfred, 1858
Brest - 11 - Le Bagne.
Collection Denis Pellerin

Construits sur les plans d'Antoine Choquet de Lindu, longs de 254 m et logeant en permanence près de deux mille forçats répartis dans quatre salles, les bâtiments du bagne furent très endommagés pendant les bombardements de 1944. Ils finirent sous le pic des démolisseurs en 1947. (D.P.)

Brest

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
109. Brest - Entrée du Port. Vue prise des hauteurs de la pointe du château.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.65.

Le photographe, installé à l'extrême avancée du plateau au-dessus de la Penfeld prend en enfilade l'échauguette sud-ouest du bastion de Sourdac et la tour de Brest du château. En contrebas se dressent, à droite de la photo, les structures de la machine à mâter qui permettait de déposer les parties hautes des mâtures avant d'entrer dans le port. En contrebas le quai de la mâture rejoint la pointe de la Rose et, au-delà, le Parc-au-Duc, tandis qu'en face, à l'embouchure du port, du côté de Recouvrance, on aperçoit la batterie du Fer à Cheval et les hauteurs de Laninon qui surplombent la rade. (A.B.)



 

 

Bernier, Alfred, 1858

Brest - 12 - Forçats à la mine du point du jour.

Collection Bibliothèque Nationale de France, D.L. 1859/N°489.

 

Brest

Lors de la visite de l'Empereur en août 1858, seuls demeuraient au bagne les forçats âgés et les malades jugés intransportables. Les derniers bagnards quittèrent Brest le 1er septembre 1858 à bord du vaisseau La Seine. Ils gagnèrent Toulon avant d'être dirigés vers la Guyane. Ce document qui n'avait jamais été montré auparavant constitue, malgré ses défauts techniques, une trouvaille photographique de grand intérêt. (D.P.)

 

 

Brest

Bernier, Alfred, 1858
Brest - 10 - Salle des éprouvés
Collection Bibliothèque Nationale de France, D.L. 1859/N°487.

Voici, présentée pour la première fois, la seule photographie connue montrant des forçats du bagne de Brest dans leur dortoir. On voit les couvertures enroulées sur le « tola », planche de bois inclinée qui sert de lit commun à vingt-quatre prisonniers. La « salle des éprouvés » ou « salle des épreuves » était réservée aux forçats qui s'étaient signalés par leur bonne conduite. Ils portaient une casaque rouge avec collet rouge et un bonnet brun. « Chaque salle contient vingt-huit lits de camp [...] sur lesquels couchent enchaînés six cents forçats, » écrit François Vidocq dans ses Mémoires. (D.P.)

Brest

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
113. Brest - Entrée du port militaire. Vue prise de la pointe du château.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.68.

Bien avant déjà dans le port militaire, la photographie, toujours prise du même endroit, en pivotant encore plus vers l'amont de la rivière, nous fait découvrir, au premier plan le quai Tourville, quai marchand de Brest, sa fontaine et son matériel de manutention, déjà présents eux-aussi dans l’œuvre de van Blarenberghe. Sur la rive droite, le vaisseau couvert d'un prélart est l'Amiral, qui sert de lieu d'arrêts pour les officiers. Derrière, l'architecture de Choquet de Lindu, en fonction à Brest de 1744 à 1790, montre sa sobre grandeur : les ateliers de l'artillerie sont surmontés, sur le plateau, par l'impressionnante Caserne de la Marine, rehaussée sous la Monarchie de juillet, et communément appelée Cayenne. À droite, on aperçoit l'entrée des formes de Pontaniou, longées au nord par les grandes forges. (A.B.)

On distingue l'une des piles du pont tournant de Recouvrance dont les travaux venaient de commencer et qui ne sera toujours pas achevé lors de la visite de l'Empereur. Baptisé pont Napoléon III, il deviendra pont National après la chute de l'Empire et sera détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale. (D.P.)

Brest

Bernier, Alfred, 1858
Brest - 14 - Le canot impérial, le vaisseau L'impérial, le vaisseau Louix XIV.
Collection Bibliothèque Nationale de France, D.L. 1859/N°491

Construit en 1810 à Anvers pour Napoléon Ier, le canot impérial fut réquisitionné par Louis XVIII puis transporté à l'arsenal de Brest où il fut modifié pour la visite de Napoléon III en août 1858. Poulain-Corbion le décrit comme « une embarcation très élégante à galerie, blanc et or, surmontée de quatre génies qui soutiennent la couronne impériale en forme de dôme. » Il se trouve depuis 1945 au Musée de la Marine de Paris. (D.P.)

Brest

Bernier, Alfred, 1858
Brest - 22 - Débarquement de LL. MM. EI. le 9 août 1858
Collection Bibliothèque Nationale de France, D.L. 1859/N°499

« [Leurs Majestés Impériales] sont reçues par le préfet maritime, le préfet du Finistère, le général Anfrey, commandant le département, le sous-préfet de Brest, les corps d'officiers de la marine et de l'armée de terre, et les autorités maritimes. Les ouvriers du port, groupés devant leurs ateliers, l'infanterie de marine et les équipages de la flotte formaient la haie et saluaient des cris de Vive l'Empereur ! Vive l'Impératrice l'arrivée de Leurs Majestés. » Cette description de Poulain-Corbion s'accorde en tous points à l'image de Bernier qui servit de base (le premier plan en moins) à la gravure publiée dans l'Illustration le 21 août 1858. (D.P.)

 

Châteaulin

 

Jephson, Reeve et Taylor
Narrative of a walking tour in Brittany, 1859

35. Châteaulin - Quay and Bridge on the Châteaulin River (« Quai et pont sur la rivière de Châteaulin »).

Collection Musée départemental breton, inv.998.13.1.35.

 

Châteaulin

Le paysage n'a que fort peu changé depuis cette photographie prise de l'actuel quai Charles-de-Gaulle : butte boisée entaillée par une ancienne carrière, maisons dont beaucoup subsistent, pont construit en 1823-1824 sur l'Aulne canalisée - le canal de Nantes à Brest - sur les plans de l'ingénieur des Ponts et Chaussées Jean-Marie de Silguy, et jusqu'au garde-fou en fer sur lequel s'appuient les quatre enfants ! (T.D.)

À Châteaulin, les photographes durent solidement arrimer la tente de peur de la voir s'envoler mais la toile battait si violemment que Taylor n'était qu'à moitié rassuré. Ils réalisèrent plusieurs clichés du pont et du groupe d'enfants pour ne conserver que le mieux réussi. (D.P.)

Concarneau

Concarneau

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
51. Concarneau - Bâteaux de pêche.
Collection Archives départementales du Finistère.

Chaloupes sardinières mouillées dans l'avant-port. Chaque bateau était monté par quatre hommes, dont un mousse, et emportait entre quinze et vingt filets. À gauche, le quai extérieur du bassin de Penéroff (où se trouvait concentrée l'activité portuaire), aujourd'hui comblé ; au fond et à droite, la ville close et son port d'accès. La création de la première « friterie », en 1851, entraîna le doublement de la flottille de pêche, nécessitant, en 1860, l'agrandissement du bassin Péneroff (T.D.).

Douarnenez

Douarnenez

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
71. Douarnenez - Un navire sur un chantier.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.42.

L'anse de l'Enfer, avant son comblement, abrite un chantier naval, alors que le port Rhu sert de lieu d'hivernage pour les chaloupes. On aperçoit au fond le clocher de la chapelle Saint-Michel. (J.Ph. B.)

Douarnenez

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
68 - Douarnenez - Barils de rogue, appât pour la pêche de la sardine.
Collection Pierre Tavlitzski

La vue, prise du quai du Port Rhu, port marchand de Douarnenez, permet de voir la rive de Tréboul au niveau de l'embarcadère du bac et une ruine connue à l'époque sous le nom de « maison du passeur ». Un article du Journal pour tous de juillet 1857 donne la liste des appâts utilisés par les Bretons pour la pêche à la sardine : « la rogue ou graine salée de la morue, la rogue de maquereau, le stock-fish (nom donné à la rogue de morue dans le nord de la Norvège) et la gueldre, obtenue de la chevrette pilée et salée. ». La consommation annuelle de rogue était estimée à 17 barils par bateau « revenant à 1080 F 20 c.» On comptait alors trente-quatre fabriques de sardines à l'huile sur les côtes bretonnes. (J. Ph. B. et D.P.)

Guimiliau

 

 

Jephson, Reeve et Taylor
Narrative of a walking tour in Brittany, 1859

31. Guimiliau - South-west View of Calvary, and Sacristy (« Côté Sud-ouest du calvaire et sacristie »).

Collection Musée départemental breton, inv.998.13.1.31.

 

Guimiliau

L'enclos de Guimiliau garde encore son cimetière avec les pierres tombales constituées de simples dalles de schiste émergeant d'une végétation sauvage et dominées par le pignon sud de l'église paroissiale, par la sacristie avec rotonde accostée d'absidioles, construite en 1683, et par le grand calvaire élevé en 1581-1588. L'ecclésiastique ici photographié est vraisemblablement l'abbé Yves Mesmeur, originaire de Plouénan et recteur de Guimiliau de 1856 à 1861. (T.D.)

Lorsque Reeve et Taylor montèrent leur tente dans un coin du cimetière, une paroissienne, croyant sans doute à quelque sacrilège, alla sans tarder prévenir Monsieur le Curé qui se hâta sur les lieux. Après quelques explications, le prêtre accepta de poser devant son calvaire et garda une immobilité parfaite. (D.P.)

Huelgoat

Huelgoat

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
98. Le Huelgoat - Rochers près du moulin.
Collection Archives départementales du Finistère

Le moulin du chaos, selon sa dénomination actuelle, est construit juste au-dessous de la chaussée qui barre l'étang de Huelgoat. Il abrite aujourd'hui l'office de tourisme. La roue avec le canal d'adduction d'eau en bois n'existe plus et les baies ont été modifiées. À l'arrière-plan, on aperçoit les grosses boules granitiques qui constituent le chaos de Huelgoat, entre lesquelles s'engouffre la rivière d'Argent (T.D.).

Kerjean

Kerjean

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
175. Kerjean - Façade du château.
Collection Archives départementales du Finistère

Le château de Kerjean, édifice essentiel dans l'histoire architecturale du Léon, a été construit entre 1560 et 1590. Entre l'enceinte extérieure bastionnée et la cour d'honneur, un mur à galerie s'ouvre par un portail renaissant à deux ouvertures - l'une cochère, l'autre piétonne - surmonté d'un couronnement à trois baies. À l’extrémité du mur, le pavillon de la chapelle porte un grand campanile qui peut être l'œuvre de Michel Le Borgne (T.D.)

Détruit par un incendie en 1710, le manoir de Kerjean fut sauvé de la ruine lors de son rachat par l'État en 1911. Flaubert visita le château en 1847. Il raconte que « ses socs de charrue, des fers de bêche rouillés, et des graines sèches dans les calebasses, gisent au hasard sur le parquet des chambres ou encombrent les grands sièges de pierre dans l'embrasure des fenêtres » (D.P.)

Kerouzéré

Kerouzéré

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
143. Kérouzéré - Le château, vue prise des fossés.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.89.

Vue de la façade est du château de Kerouzéré. Toutes les constructions aux abords du château ont aujourd'hui disparu. (T.D.)

Furne et Tournier ont consacré sept épreuves à cette bâtisse tout en granit où ils ont certainement été reçus par le propriétaire, Henri de Lestang de Rusquec, qui en avait hérité l'année précédente. Ce gentilhomme breton ouvrit un Livre des Visiteurs le 18 août 1857, quelques jours après le passage des deux photographes. Le peintre Eugène Boudin y apposa sa signature le 16 octobre de cette même année. (D.P.)

Kerouzéré

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
147. Kerouzéré - Le château, vue prise des jardins.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.93.

Le château de Kerouzéré est un bon exemple de l'architecture militaire bretonne du XVe siècle. En grande partie démantelé au XVIe, lors des guerres de la Ligue, il fut relevé au XVIIe. Peu de changements notables sont intervenus depuis ce cliché : les abords ont été dégagés, la porte cintrée de l'avant-corps a été remplacée par une fenêtre à meneaux, la fenêtre de la chapelle, entre l'avant-corps et la tour de droite, a été agrandie et munie d'un remplage de style ogival. La tour nord-ouest que l'on aperçoit tout à gauche de la photographie, ne porte pas le toit conique dont elle est aujourd'hui recouverte. (T.D.)

On distingue nettement sur cette épreuve la carriole-laboratoire dans laquelle voyageaient les photographes Furne et Tournier. Sa présence à l'ombre d'un arbre et l'absence du cheval semblent prouver que l'arrêt en ce lieu fut assez long. (D.P.)

Lampaul

 

 

Jephson, Reeve et Taylor
Narrative of a walking tour in Brittany, 1859

28. Lampaul (Lampaul-Guimiliau, porche sud).

Collection Musée départemental breton, inv.998.13.1.28.

 

Lampaul

Sur la veste de l'homme, un gilet à double rangs de boutons est serré d'un « turban », long foulard de coton. Le pantalon a remplacé les bragou-braz (« larges culottes »). La coiffe de la jeune fille et de la fillette sous le porche est celle, accompagnée d'une collerette, dessinée par Lalaisse à Saint-Thégonnec. Le cours du siècle la vit diminuer considérablement d'ampleur. Par contraste, écrit-il, le photographe en a rapproché une petite mendiante en haillons et pieds nus. Sa coiffure, de forme archaïque, s'apparente à la chibilinenn de l'île de Batz, et à certains capots de travail. Un garçonnet « avide d'honneurs illustrés » (Reeve), s'est poussé devant l'objectif. (PLS)

À Lampaul, Reeve et Taylor rencontrèrent un paysan « qui parlait suffisamment le français pour être intelligible. » Il apparaît sur cette image en compagnie de trois fillettes choisies par Reeve pour le contraste de leurs vêtements respectifs. Le garçonnet imposa sa présence dans le groupe et Reeve dut le forcer à s'asseoir. (D.P.)

Landerneau

Landerneau

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
102. Landerneau - Le port.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.60.

Le port de Landerneau, sur l'Élorn est un port de fond d'estuaire, donc soumis à deux marées quotidiennes. Ses quais - ici le quai de Léon, sur la rive nord, planté d'ormes, et construit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle - ont connu jusqu'au milieu du XIXe siècle une certaine activité qui fut anéantie par l'ouverture du port de commerce de Brest en 1865. Sur la rive sud, on aperçoit le clocher de l'église Saint-Thomas. (T.D.)

Landerneau

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
101. Landerneau - L'église.
Collection Archives départementales du Finistère

Vue du quai de Léon prise du quai de Cornouaille, sur la rive sud de l'Élorn. La cale et le quai planté d'ormes ne montrent pas une activité débordante. Deux bateaux sont amarrés au quai où l'on distingue quelques marchandises. Au milieu de la photographie se dresse le clocher de l'église Saint-Houardon, flanqué de sa tourelle d'escalier. Immédiatement à sa droite se détache le lanternon sommital du porche sud, daté de 1604. (T.D.)

« Quoi ! Cette jolie petite ville, si gracieusement assise sur cette rive si fraîche ; une vraie cité grecque se mirant coquettement dans l'azur transparent de ses flots, c'est là Landerneau à qui le préjugé fait une célébrité si burlesque ? » écrivait en août 1858 un journaliste du Monde Illustré faisant référence au dicton tiré de la comédie d'Alexandre Duval, Les Héritiers. (D.P.)

La Roche-Maurice

La Roche-Maurice

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
105. Landerneau - Ruines du château de la Roche-Maurice, vue prise du pont.
Collection Pierre Tavlitzki

Le pont enjambe l'Élorn au pied de la forteresse de La Roche-Maurice, construite sur un rocher qui domine la vallée d'une cinquantaine de mètres. Peut-être fondée par un seigneur du nom de Morvan au XIe ou XIIe siècle, conquise par les vicomtes de Léon au XIIe siècle, passée par mariage aux Rohan au XIVe siècle, elle fut démantelée par les troupes françaises en 1490, puis servit de prison avant de tomber en ruine au milieu du XVIIe siècle (T.D.)

Le Faou

Le Faou

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
87. Le Faou - La Grande-Rue.
Collection Archives départementales du Finistère

Vue de la Grande-Rue (aujourd'hui rue du Général-de-Gaulle) prise depuis les anciennes halles. La rue principale du Faou est bordée de maisons en pan-de-bois en encorbellement construites au XVIe et au XVIIe siècle, rendant très étroit ce passage obligé entre Quimper et Landerneau. Décidé en 1764, appuyé par l'Empereur Napoléon III suite à son passage dans la ville en août 1858, l'élargissement de cette voie étroite ne fut réalisé qu'en 1859 et entraîna la disparition de plusieurs maisons du côté ouest (à gauche sur cette épreuve). (T.D. et D.P.)

Le Faou

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
83. Le Faou - Vue prise de la route de Brest.
Collection Archives départementales du Finistère

Le groupe de personnes en conversation est à l'angle du pont enjambant le fond de l'estuaire, du côté du quartier Saint-Joseph. La potence au premier plan sert sans doute au chargement et déchargement des marchandises ou du matériel servant au chantier de construction navale. Au fond, sur la rive gauche, l'église Saint-Sauveur et le débouché de la Grande-Rue. (T.D.)

Un journaliste du Monde Illustré écrivait en août 1858, à propos de cette bourgade de 1100 habitants : « L'alcyon était un oiseau marin fabuleux, dont la rencontre était synonyme de calme et de paix. (D.P.)

Le Faou

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
88. Le Faou - Le port à mer basse.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.51.

Des enfants jouent sur un des tas de sable apporté par les bateaux sabliers et ensuite vendu et transporté en charrettes (voir le cliché n° 89). Sur l'autre rive (du quartier Saint-Joseph), on distingue un petit chantier de construction navale (chantier Rosuel) dans une zone aujourd'hui largement comblée et aménagée en parking. La grande maison à cinq fenêtres et cinq lucarnes subsiste encore. (T.D.)

Le Faou

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
89. Le Faou - Un attelage de marchand de sable de mer.
Collection Archives Serge Kakou

La richesse du Faou a longtemps été fondée sur les foires et marchés. Le port dont on voit ici l'aménagement récent avec une cale et des quais empierrés (à droite, le pont avec son arche), a servi au transport du bois vers l'arsenal de Brest et aussi au commerce du sable de mer apporté par les bateaux (sabliers) et ensuite transporté par des charrettes, comme celle-ci tirée par deux bœufs et deux chevaux. (T.D.)

Le Folgoët

 

 

Furne et Tournier
Vues, monuments et costumes de Bretagne (format demi-raisin), 1857

28. Le Folgoët - Vue générale.

Collection Musée d'Orsay, inv. Pho.1990.15.12.

 

Le Folgoët

Vue de la collégiale prise du sud-est sur la route qui vient de Trégarantec et de Ploudaniel. La grande tour du XVè siècle domine le paysage, flanquée sur son côté sud de la petite tour en partie refaite au XVIIe siècle. À gauche, on aperçoit l'une des tourelles à toit en pavillon du « doyenné », manoir fondé au XVe siècle par le chapelain Jean de Kergoal et servant de presbytère. (T.D.)

 

 

Le Folgoët

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
139. Le Folgoët - Porte latérale de l'église.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.85.

Vue particulièrement intéressante, car elle montre l'état de l'édifice résultant de la restauration consécutive à l'incendie de 1708 : la base de la tour sud et le calvaire sont restés sans changement. En revanche, le portail dit d'Alain de la Rue - évêque consécrateur de l'Église - est amputé de la partie supérieure du gable, et la balustrade qui courait à la base de la toiture, le long du collatéral sud, a totalement disparu. Terminée en 1423, la construction de la basilique fut commencée au terme de la guerre de Succession, à la suite d'un vœu du prétendant Jean de Montfort. (T.D. et D.P.).

Le Folgoët

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
42. Château de la duchesse Anne de Bretagne au Folgoët.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.88.

La duchesse Anne vint deux fois en pèlerinage au Folgoët, en 1499 et 1505, logeant au doyenné, manoir construit à proximité immédiate de la collégiale pour le doyen des chanoines. La duchesse et reine offrit au sanctuaire ses robes de noce, dont on fit deux chapes.

Morlaix

Morlaix

 

 

Jephson, Reeve et Taylor
Narrative of a walking tour in Brittany, 1859

23. Morlaix - Market-place, with the Canal and Shipping (« Place du Marché, avec le canal et un navire ») [l’ancienne Grande Place].

Collection Musée départemental breton, inv.998.13.1.23.

Le port de Morlaix, avec ses quais de Tréguier et de Léon, a profondément changé d'aspect depuis le milieu du XIXe siècle. Le viaduc n'était pas construit et le port jouxtait l'hôtel de ville. À partir de 1897, avec le recouvrement du bassin à flot l'ancienne Grande Place fut supprimée pour créer une vaste esplanade. Au premier plan, le marché hebdomadaire en cours d'installation. (D.L.)

C'est du balcon de la mairie de Morlaix que fut réalisée cette image. Reeve déplore dans ses notes les conditions météorologiques défavorables et le manque de lumière. (D.P.)

 

 

Morlaix

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
191. Morlaix - La place des Halles.
Collection Archives départementales du Finistère

Attestées dès 1636 dans les sources d'archives, les halles en bois de Morlaix furent détruites en 1865 et remplacées par des halles métalliques. À cette date, le côté sud de la place conservait un aspect médiéval avec son alignement de maisons à « pondalez » des XVe et XVIe siècles. Seules les trois premières constructions du premier plan ont été épargnées par les modernisations. (D.L.)

Morlaix

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
192. Morlaix - La rue des Nobles.
Collection Archives départementales du Finistère

Toutes les maisons visibles sur ce document ont été démolies en 1864 par la ville de Morlaix pour élargir la place des Halles. Au premier plan à droite, l'ancien hôtel de Lesquiffiou construit au XVIe siècle. Les consoles des étages en encorbellement étaient décorées de remarquables sculptures en bois. Sur le poteau cornier du rez-de-chaussée, la tête dans l'ombre, une grotesque au gourdin reprend un thème récurrent à Morlaix. (D.L.)

Morlaix

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
195. Morlaix - Le quai de Tréguier.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.111.

Pris avant 1861, date du début de la construction du viaduc, ce cliché montre le quartier des Lances composé d'un alignement de maisons à porches formant une allée couverte depuis le grand escalier de Saint-Melaine. On aperçoit l'ancien lanternon de l'église remplacé en 1880 par la flèche actuelle. Au premier plan, un groupe de femmes en costume traditionnel de l'île de Batz. (D.L.)

Pleyben

Pleyben

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
94. Pleyben - Procession le jour du Pardon.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.56.

La procession se déroule sur la petite place située à l'ouest de l'enclos paroissial. On aperçoit en haut et à droite, le fronton de la porte monumentale dite Porz-ar-Maro (porte de la mort). Plutôt qu'une procession de pardon, il semble qu'ici les prêtres rentrent en procession, après la messe, au grand presbytère à deux étages situé au fond. Les fidèles ne participent pas à la procession : ils sont ici en spectateurs. (T.D.)

Les deux photographes ont bénéficié de circonstances exceptionnelles pour saisir la procession, bannières en tête, et la foule des fidèles. On remarquera que les hommes sont nues-têtes et que les femmes, regroupées autour de la croix portent toutes la coiffe et le costume traditionnels. Ce quasi-instantané est encore rare pour l'époque. (D.P.)

Pleyben

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
97. Pleyben - La place le jour du Pardon.
Collection Pierre Tavlitzki

En 1548, la paroisse de Pleyben avait obtenu du roi Henri II la création de quatre foires annuelles dont la principale avait lieu le jour du grand pardon (31 juillet-1er août). Comme on le voit sur la photographie, les marchands s'installaient sur la grande place, dans leurs carrioles en bois, sous des tentes ou, tout simplement en plein air. Les maisons qui entouraient alors la place ont été remplacées depuis par des constructions modernes. (T.D.)

Plougastel-Daoulas

Plougastel-Daoulas

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
114. Plougastel-Daulas (sic) - Entrée du cimetière.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.69.

L'entrée du cimetière, sans doute alors autour de l'église, se faisait par un portail encadré de deux lourds piliers surmontés d'une croix simple. Ces piliers existent toujours, à l'entrée sud de l'enclos paroissial. On remarquera l'abondante végétation le long de l'allée. Sur les trois femmes photographiées, on distingue assez bien les détails du costume, notamment la coiffe qui se portait à l'époque avec les ailes pendantes. (T.D.)

Plougastel-Daoulas

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
117. Plougastel-Daulas (sic) - Le calvaire, vue prise de la mairie.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.71.

Dans l'enclos paroissial s'élève un des derniers grands calvaires édifiés en Basse-Bretagne. L'érection en fut décidée à la suite de la peste de 1598 et la construction achevée en 1604. La conception architecturale est la même qu'à Guimiliau : un massif de plan octogonal avec des contreforts biais percés d'arcades, une frise et une plate-forme supportant des scènes de la vie et de la mort de Jésus. Trois croix dominent l'ensemble, celle du Christ et celles des deux larrons. (T.D.)

Plougastel-Daoulas

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
119. Plougastel-Daulas (sic) - Autour de l'église.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.71.

Entrée de l'enclos paroissial : le portail et le mur d'enceinte semblent en mauvais état. Le pilier central porte un calvaire du XVIIe siècle qui, quelque peu modifié, a été transporté de nos jours au cimetière. L'échalier, à gauche, devant lequel sont assises des jeunes filles de Plougastel, est très élevé. Le grand mur du fond est celui de l'ancienne église, avant la reconstruction en 1870 par l'architecte diocésain Joseph Bigot. (T.D.)

Quimper

 

 

Furne et Tournier
Vues, monuments et costumes de Bretagne (format demi-raisin), 1857

16. Quimper - Vue prise du bas de la rivière.

Collection Musée d'Orsay, inv.Pho.1990.15.27.

 

Quimper

Vue de la cale du « Bout du Quai », la ville apparaît bordée de quais, véritable havre pour les bateaux. On ne peut que rapprocher cette vue du tableau d'Eugène Boudin également daté de 1857 (Musée des Beaux-Arts de Quimper) et souligner les relations entre peinture et photographie. (J. Ph.B.)

 

 

Quimper

Jephson, Reeve et Taylor
Narrative of a walking tour in Brittany, 1859
37. Quimper - Town and Cathedral, from the heights (« La ville et la cathédrale prises des hauteurs »).
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.2.1.

Des pentes du Frugy, la vue s'étend vers la cathédrale. En contrebas, la rue Neuve (rue Jean Jaurès) avec une brasserie et une " salle de bains ", bâtiment en longueur avec un fronton triangulaire. (J.Ph.B.)

Après avoir essayé de prendre une vue générale de Quimper de la fenêtre de leur hôtel puis d'une rue située derrière la cathédrale, Reeve et Taylor résolurent de monter tout le matériel à dos d'homme sur les hauteurs de la ville. (D.P.)

Quimper

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
57. Quimper - Aux pieds des murs de la cathédrale.
Collection Musée départemental breton, inv. 2000.8.1.33.

Il s'agit plutôt des murs de la ville dont on peut voir les mâchicoulis. Juste au-dessus apparaissent les fenêtres basses du chœur de la cathédrale et, à gauche, une partie du Palais épiscopal. Au premier plan, un groupe d'enfants s'amuse dans le déversoir du moulin de l'évêque, qualifié à l'époque de " minoterie ". (J.Ph.B.)

Quimper

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
58. Quimper - En amont de la ville.
Collection Musée départemental breton, inv. 2000.8.1.34.

Implanté sur un îlot en face du Palais épiscopal, le moulin de l'évêque était complété par un pont qui joignait la rive gauche (le pont Sainte-Catherine que l'on voit au fond). À droite, devant les arbres, on aperçoit le pignon du moulin qui fut démoli lors de l'aménagement du quai et reconstruit en amont du pont Firmin (1862). (J.Ph.B.)

 

 

Jephson, Reeve et Taylor
Narrative of a walking tour in Brittany, 1859

39. Quimper - Houses in front of the Cathedral (« Maisons devant la Cathédrale »).

Collection Musée départemental breton, inv.998.13.1.39.

 

Brest

À quelques détails de ravalement près, le lieu a très peu changé depuis le XIXe siècle. On aperçoit à l'angle de la place Saint-Corentin l'auberge du Lion d'Or - ancien relais de poste - qui, à cette époque, assurait la liaison avec les Chemins de fer de l'Ouest à Brest. (J.Ph.B.)

 

 

Quimper

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
59. Quimper - Un canal, n° 1.
Collection Musée départemental breton, inv. 2000.8.1.35.

Vue prise sur le Steïr, du pont Médard vers le pont Astor. Au fond, au pied du mont Frugy, subsistent les ruines de l'ancien château des ducs de Bretagne. (J.Ph.B.)

Quimper

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
60. Quimper - Un canal, n° 2.
Collection Musée départemental breton, inv. 2000.8.1.36.

Le Steïr entre les remparts de la ville épiscopale et les maisons de la " Terre au Duc ". Au fond, le pont Médard, ancien pont-levis. (J.Ph.B.)

 

 

Quimper

 

 

Furne et Tournier
Vues, monuments et costumes de Bretagne, 1857

13. Quimper - La paroisse Saint-Mathieu.

Collection Musée d'Orsay, inv. Pho. 1990.15.29.

 

Le paysage est dominé par le clocher de l'église Saint-Mathieu reconstruit par l'architecte Joseph Bigot en 1847. On aperçoit à droite le clocheton du couvent des Ursulines (démonté en 1934 pour la construction des halles du Chapeau-Rouge). Le moulin sur le Steïr est l'ancien « moulin au Duc ». Au premier plan apparaissent les toitures de l'abattoir et d'un lavoir (J. Ph.B.)

 

 

 

Jephson, Reeve et Taylor
Narrative of a walking tour in Brittany, 1859

42. Quimper - Inner Court of the Château de la Forêt (« Cour intérieure du Château de la Forêt »).

Collection Musée départemental breton, inv.998.13.1.42.

 

Quimper

L'ancien manoir de la Forêt qui se trouvait sur les bords de l'Odet, attirait par son pittoresque de nombreux artistes. Il fut démoli dans les années 1930 pour permettre l'extension de la gare. Des éléments sculptés en sont conservés au Musée départemental breton. (J.Ph.B.)

Quimperlé

Quimperlé

 

 

Furne et Tournier
Vues, monuments et costumes de Bretagne, 1857

9. Quimperlé - Vue prise du quai.

Collection Musée d'Orsay, inv. Pho. 1990.15.19.

 

Un port bien vide en été et pourtant encore actif, avec de beaux quais et une cale de radoub neuve (1848). Au fond, le clocher de Sainte-Croix avant sa chute en 1862. (A.P.)

 

 

Jephson, Reeve et Taylor
Narrative of a walking tour in Brittany, 1859

45. Quimperlé - Town and Church of St. Michael, from Bridge on the Ellé (« La ville et l'église Saint-Michel depuis le pont sur l'Ellé »).

Collection Musée départemental breton, inv.998.13.1.45.

 

Quimperlé

Reeve raconte qu'au moment où Taylor allait exposer sa plaque deux cavaliers descendirent jusqu'à la rivière pour abreuver leurs chevaux. Ne pouvant leur crier de ne pas bouger, il se résolut à ôter le bouchon de son objectif. Les chevaux, occupés à boire, restèrent immobiles pendant toute la durée de l'exposition. (D.P.)

 

 

Quimperlé

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
30. Quimperlé - L'hôtel des Voyageurs.
Collection Musée départemental breton, inv. 2000.8.1.17.

En 1857, Quimperlé comptait trois hôtels. Jephson ne garda pas un bon souvenir de la pauvre omelette qu'on lui servit au Lion d'Or mais Furne et Tournier semblent avoir apprécié leur séjour à l'hôtel des Voyageurs (situé place au Salé, actuellement place Carnot) comme en témoigne ce document où patrons, clients et employés en costume traditionnel sont rassemblés. On distingue nettement les deux photographes, assis sur la droite. (D.P.)

Quimperlé

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
34. Quimperlé – Une ancienne maison vis-à-vis l'hôtel des Voyageurs.
Collection Musée départemental breton, inv 2000.8.1.20.

C'est sous un soleil radieux que Tournier pose avec quelques enfants auxquels il a sans doute promis une gratification tandis que quelques curieuses observent à l'ombre d'une maison aujourd'hui disparue. La pose de la jeune fille qui se découpe sur la porte ouverte de la quincaillerie aurait certainement fait le bonheur de plus d'un peintre (D.P)

Quimperlé

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
42. Quimperlé - Un moulin.
Collection Musée départemental breton, inv. 2000.8.1.26.

Il s'agit ici du moulin des Gorrets, d'abord moulin à papier avant de devenir moulin à grains. Le bottin de 1857 ne signale pas moins de cinq minoteries à Quimperlé. (D.P. et A.P.)

Quimperlé

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
32. Quimperlé - Sous un pont.
Collection Serge Kakou

Quelques garçons jouent sous le Pont fleuri. Jephson mentionne à plusieurs reprises ces « garçons amphibies » dont l'eau semble être l'élément de prédilection et Lacan, qui commente cette image dans La Lumière, « se prend à désirer le sort de ces enfants joufflus qui barbotent en plein courant sous l'arche profonde, loin du bruit des villes et des agitations de la foule. » (D.P.)

Quimperlé

 

 

Jephson, Reeve et Taylor
Narrative of a walking tour in Brittany, 1859

48. Quimperlé - Group of Finisterre Peasants and Gendarme (« Groupe de paysans Finistériens et Gendarme »).

Collection Musée départemental breton, inv.998.13.1.48.

 

Un paysan aisé et son fils posent devant le porche de l'église Saint-Michel. Les gilets à deux rangées de boutons décoratifs sont identiques, à ceci près que celui du fils s'orne, au col, d'un galon. Ils portent les bragou-berr ("culottes étroites") et une veste de lin. La vieille femme sur la droite porte l'ancienne coiffe borledenn du pays de Quimper ; la jeune fille à gauche celle, barbes relevées, de Quimperlé et des environs, ainsi que la collerette. Ces rares clichés de la paysannerie bretonne du Second Empire nous restituent aussi des attitudes : mains croisées des femmes sur le haut bouffant de leur tablier, pose avantageuse du jeune homme. (P.L.S.)

Cette image fut prise devant le porche sud de l'église Saint-Michel. Reeve avait repéré ces deux paysans cossus, un père et son fils, dont il arrangea lui-même la position. Ayant fait annoncer par leur conducteur qu'ils cherchaient des modèles et que les heureux élus recevraient quelques pièces pour leur peine, les photographes furent littéralement assaillis par tous les mendiants des environs et virent avec soulagement l'arrivée de deux gendarmes. (D.P.)

Roscoff

Roscoff

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
158. Roscoff - Maisons sur le Port.
Collection Archives départementales du Finistère

Maisons de marchands de la fin du XVIe siècle ou du début du XVIIe siècle, à l'apogée du port de Roscoff. La maison qui donne sur la grève (aujourd'hui comblée et devenue quai d'Auxerre), face au vieux quai en pierre de taille, possède une tourelle et, dans la cour intérieure, des arcades (appelées « galerie » dans les documents du XIIe siècle). L'édifice a subi des remaniements peu judicieux aux XIXe et XXe siècles. (T.D.)

Roscoff

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
159. Roscoff - Sur le port.
Collection Archives départementales du Finistère

Le vieux port de Roscoff était bordé d'un quai étroit - avant la construction du quai Neuf actuel commencé après la Première Guerre mondiale et achevé en 1931 - et un simple muretin le séparait des anciennes maisons d'armateurs, pour la plupart édifiées à la fin du XVIe siècle et au XVIIe, dont quelques-unes apparaissent au second plan. Au premier plan sont disposés des apparaux de navires relativement importants, se livrant probablement à l'exportation de légumes, notamment d'oignons. (T.D.)

Roscoff

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
162. Roscoff - Vue prise de la route de Saint-Pol-de-Léon.
Collection Archives départementales du Finistère

 

Roscoff

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
166. Roscoff - Pêcheurs à mer basse.
Collection Archives départementales du Finistère

L'intérêt de cette scène de genre est de montrer, sur cette côte basse et rocheuse du nord du Léon, sans doute les débuts du tourisme à Roscoff. Les deux personnages, vêtus d'une vareuse rouge de pêcheur, le pantalon haut retroussé, armés l'un d'un haveneau, l'autre d'un panier, se livrent aux joies de la pêche à pied. (T.D.)

Roscoff

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
169. Roscoff – Costumes de la campagne.
Collection Musée départemental breton, inv. 2000.8.1.98.

Si son usage déclina dans le reste des campagnes finistériennes à la fin du XVIIIe siècle, le long bonnet de laine se conserva chez les populations côtières. Sur une chemise de toile, l'homme porte un gilet à col et à larges revers. Le cliché montre un pantalon long élargi en bas : cette tenue est semblable à celle dessinée quatre ans plus tard par le Lorrain Gridel dans son excursion sur la côte du Léon. Occupée à baratter la crème, la femme est coiffée de la dichoukenn, variante, propre au pays pagan, du bonnet de toile du Bas-Léon. (P.L.S.)

Roscoff

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
168. Roscoff – Costumes, Marin de la douane et jeunes filles en costumes de fête.
Collection Bibliothèque Nationale de France, D.L.1858, N°1573.

Les femmes ont revêtu un costume de cérémonie remarquable par la cornette en forme de Hennin, commune principalement aux habitantes des zones septentrionales de la Bretagne. Une ample jupe rayée est assortie à un corsage presque entièrement recouvert, sur la poitrine, par un devantier triangulaire. La vareuse de l'homme assis, son chapeau de cuir huilé appartiennent à l'uniforme d'un douanier maritime. À l'arrière-plan, le quatrième personnage porte le bonnet en usage à Roscoff et dans le pays pagan. (P.L.S.)

Rosporden

Rosporden

 

 

Furne et Tournier
Vues, monuments et costumes de Bretagne, (format demi-raisin), 1857

12. Rosporden - Costume de femme.

Collection Musée d'Orsay, inv. Pho.1990.15.10.

 

Ce cliché constitue à notre connaissance le plus ancien témoignage photographique d'une mode vestimentaire partagée, dans ses éléments essentiels, par une trentaine de communes. Elle est caractérisée par l'ample coiffe - dont les barbes latérales forment de chaque côté une boucle volumineuse - et la collerette. Elle n'a pas encore amorcé l'évolution qui donna naissance à une complexe architecture de dentelle. Sur un corsage (manchoù) à manches est passé un corselet de même drap de laine. Un tablier à empiècement recouvre la jupe. (P.L.S.)

Saint-Jean-du-Doigt

Saint-Jean-du-Doigt

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
198. Saint-Jean-du-Doigt - Entrée du cimetière.
Collection Musée départemental breton, inv. 2000.8.1.113.

Le portail d'accès à l'enclos de Saint-Jean-du-Doigt a été construit vraisemblablement vers 1520 : de style gothique flamboyant, l'arcade en accolade est couronnée d'un fleuron et accostée de pinacles engagés. Une plate-forme qui le surmontait a été détruite en 1821. La porte piétonne, sur la droite, est l'œuvre de l'architecte Jean Le Taillanter en 1584-1595. Les vantaux de la porte et le tympan les surmontant n'existent plus. (T.D.)

Tous les voyageurs s'accordent à dire que les mendiants étaient légion en Basse-Bretagne où cet état n'avait rien de déshonorant. C'est pourtant l'unique image de la série où l'on aperçoit nettement l'un de ces pauvres hères qui louaient leurs services auprès des paysans cossus pour effectuer à leur place certaines pénitences les jours de pardon. (D.P)

Saint-Jean-du-Doigt

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
199. Saint-Jean-du-Doigt - La Fontaine.
Collection Archives départementales du Finistère

Vue d'une partie de l'enclos de Saint-Jean-du-Doigt dont on aperçoit une partie de l'église, la croix élevée sur quatre degrés, et la fontaine, de style Renaissance, mais construite à la fin du XVIIe siècle. La vasque est sans doute l'œuvre, vers 1688, d'Yves Lageat, maître picoteur de Plestin ; les statuettes en plomb et les ornements ont été conçus, en 1691, par Jacques Lespagnol, maître sculpteur à Morlaix. (T.D.)

Saint-Mathieu

Saint-Mathieu (pointe)

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
127. Saint-Mathieu - Le Télégraphe.
Collection Archives départementales du Finistère

Ce télégraphe ou sémaphore, établi à quelque distance de l'abbaye de Saint-Mathieu, au bord de la falaise, a utilisé d'abord un mât articulé utilisant le système de communication optique inventé par le sarthois Claude Chappe en 1792 (les deux indicateurs placés à chaque extrémité du régulateur permettaient de dessiner 98 signaux codés différents qui étaient répétés de poste en poste. Deux stationnaires se relayaient de l'aube au crépuscule à la lunette d'observation et à la manipulation du télégraphe). Puis le télégraphe électrique mis au point par Samuel Morse en 1837 fut adopté par l'administration française en 1856. Ce télégraphe fut rasé en 1987. (T.D. et D.P.)

Saint-Mathieu (pointe)

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
121. Saint-Mathieu - Portail de l'ancienne église.
Collection Archives départementales du Finistère

À proximité sud-est de l'abbaye se dresse le portail de l'ancienne église paroissiale de Saint-Mathieu, supprimée à la Révolution et tombée en ruine. Seul le portail a subsisté, avant la reconstruction en 1861, à quelques mètres en arrière, d'une chapelle Notre-Dame-de-Grâces. L'ébrasement profond est constitué de voussures reposant de chaque côté sur six colonnettes. Le trumeau supporte un tympan ajouté de deux ouvertures trilobées surmontant deux portes. L'ensemble peut dater du XIVe siècle. (T.D.)

Saint-Mathieu (pointe)

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
123. Saint-Mathieu – Le Fort.
Collection Musée départemental breton, inv. 2000.8.1.75.

La pointe Saint-Mathieu porte les ruines de l'abbaye bénédictine dont on aperçoit ici le pignon occidental auprès duquel s'élève aujourd'hui un sémaphore construit en 1905. Derrière la croisée du transept qui domine la nef, s'élève le phare édifié en 1835, tandis qu'à gauche se voit l'ancienne tour à feu, de plan carré, du XVe siècle. Au premier plan, le fort semi-enterré, modèle 1846, précédé de deux pyramides de boulets, a été bâti en 1850-1854, peu de temps avant la photographie. (T.D.)

Saint-Mathieu (pointe)

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
130.Saint-Mathieu – Intérieur des Ruines de l'abbaye, n°2.
Collection Musée départemental breton, inv.2000.8.1.79.

Vue d'ensemble de l'intérieur de l'abbaye, prise de la chapelle absidale. Le passage au chœur et la croisée du transept se fait par un arc brisé soutenu par des colonnes engagées et date du XIIIe siècle. La nef est bornée à l'ouest par la façade amortie en pignon, datant du XIIe siècle et donnant sur l'Océan par un portail trilobé surmonté d'une grande fenêtre haute. On notera que l'ensemble du monument paraît bien entretenu (T.D)

L'abbaye fut détruite par les anglais au XVIe siècle puis rebâtie. Elle fut définitivement abandonnée en 1790 et livrée au pillage. La ruine connut un regain d'intérêt à l'époque du Romantisme. Flaubert écrivait en 1847 : «  À découvert sous le ciel, la nef déserte reçoit la pluie, et à la place des dalles, entre les colonnes où s'enroulent aux chapiteaux des torses historiés, une herbe épaisse a poussé. » (D.P)

Saint-Mathieu (pointe)

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
132. Saint-Mathieu - Ruines de l’abbaye, n° 4.
Collection Musée départemental breton, inv. 2000.8.1.80.

La partie de la nef représentée ici remonte à la seconde moitié du XIIe siècle et montre la diversité de la construction : colonnes cylindriques ou octogonales, chapiteau à crochets, avec abaque et tailloir, ou simple guirlande de feuillage, arcs brisés... (T.D.)

Le cheval des photographes trouve l'herbe à son goût dans la nef découverte. Furne et Tournier ont fait poser à deux reprises le gardien du lieu et ses enfants. Ils semblent avoir été impressionnés par le site de Saint-Mathieu auquel ils consacrèrent onze clichés. (D.P.)

Saint-Pol-de-Léon

Saint-Pol-de-Léon

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
148. Saint-Pol-de-Léon - Le Kreisker. Vue prise de la route de Morlaix.
Collection Musée départemental breton, inv. 2000.8.1.94.

Au bout de la voie pavée qui vient de Morlaix se dressent la tour et la flèche de la chapelle Notre-Dame du Kreisker. Le sommet de la flèche culmine à 79 mètres au-dessus du sol. La chapelle, en grande partie construite au XIVe siècle a été dotée au XVe siècle d'un clocher particulièrement élancé qui est fort proche de l'ancien clocher de Notre-Dame du Mur à Morlaix et de celui de Saint-Pierre de Caen. (T.D.)

 

 

 

Jephson, Reeve et Taylor
Narrative of a walking tour in Brittany, 1859

22. Saint-Pol-de-Léon - Western Towers and Doorway of Cathedral (« Tours ouest et portail de la cathédrale »).

Collection Musée départemental breton, inv.998.13.1.22.

 

Saint-Pol-de-Léon

La vue montre les travaux de pavage de la rue qui mène devant l'ancienne cathédrale Saint-Paul Aurélien. L'architecture civile offre une grande diversité. La façade occidentale de la cathédrale, de style normand, fut construite, comme la nef, au XIVe siècle. Les deux tours avec leurs flèches sont réunies par un massif d'où sont absentes la balustrade qui surmonte aujourd'hui le porche ainsi que la galerie supérieure, au-dessus de l'horloge. (T.D.)

L'horloge de la cathédrale indique deux heures et demi de l'après-midi. Reeve obtint aisément des ouvriers occupés à repaver la route qu'ils interrompent leur travail et prennent la pose. (D.P.)

 

 

Saint-Pol-de-Léon

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
151. Saint-Pol-de-Léon - Batteurs dans une ferme.
Collection Pierre Tavlitzki

L'été 1857 fut particulièrement sec et l'Auxiliaire breton signale dès le 6 août que « les grains ont été récoltés cette année avec une vivacité rare chez nous. » Les battages, qui duraient généralement jusqu'à la Saint-Michel, purent commencer plus tôt que de coutume.
Cette image est-elle un véritable instantané pris sur le vif, ou les photographes se sont assurés la complicité des « battous » ? Leur cadence moyenne (estimée à 37 coups minute) paraît bien rapide pour la sensibilité du collodion utilisé à l'époque, mais l'éloignement de l'appareil plaide néanmoins en faveur de la première hypothèse, qui est confirmée par les grains que l'on voit voler près du personnage de droite. Il s'agit, pour l'époque, d'un véritable tour de force photographique. (D.P.)

Saint-Thégonnec

Saint-Thégonnec

Furne et Tournier
Voyage en Bretagne, 1857
185. Saint-Thégonnec - La chapelle du Saint-Sépulcre.
Collection Archives départementales du Finistère

Vue partielle de l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec. Au sol, l'espace est entièrement occupé par les dalles des tombes. Au fond, le passage aménagé dans le pignon de la chapelle des fonts pour pouvoir contourner l'église. Sur la gauche, l'ossuaire édifié de 1676 à 1682 par l'architecte Jean Le Bescont est à la fois la manifestation du style renaissant dans la vallée de l'Élorn et la marque de la richesse passée de la paroisse, fondée sur la production toilière. (T.D.)

On distingue dans les niches de l'ossuaire ces fameuse boîtes à crânes qui excitaient la curiosité de tous les visiteurs des enclos paroissiaux. Jephson écrit qu'« il est courant de les placer dans un endroit bien visible, de préférence à proximité de la chapelle des morts ou de l'ossuaire, sur le chapiteau d'un pilier, ou le rebord d'une fenêtre. Les amis et les parents dont l'attention est ainsi attirée seront plus facilement enclins à offrir une prière pour l'âme du défunt. » (D.P.)