Ai’ta

Auteur : Jeanne Toutous / octobre 2020

Ai’ta (« allez ») est un collectif fondé en 2005. Basé sur un principe de désobéissance civile cher au collectif DEMO au Pays Basque, Ai’ta milite exclusivement pour la présence publique de la langue bretonne. Dans les années 2000, le collectif se fait connaître pour ses actions visuellement marquantes comme l’occupation rapide de bâtiments publics dont la signalétique est monolingue en français, comme des gares ou des bureaux de poste. Entièrement vêtus d’orange, coiffés de perruques orangées, adeptes du die-in, des happenings, et du démontage de panneaux sans dégradations, les membres d’Ai’Ta font entrer un nouveau registre militant dans le répertoire breton. L’aspect visuel, à la limite de la performance, en est une composante clé. Ainsi, on retrouve régulièrement sur différents panneaux directionnels les autocollants orange marqués de l’affirmation « E brezhoneg ! », « en breton ! » édités par Ai’ta. En 2012, les actions d’Ai’ta portent leurs fruits et le bureau de poste de Carhaix traduit toutes ses indications en breton. Le collectif se caractérise par sa grande souplesse et ses frontières poreuses. Parfois, il comporte de nombreux militants, parfois ils ne sont qu’une dizaine à peine. Leur but est ainsi de transmettre leurs outils militants de la même manière qu’ils distribuent leurs autocollants afin que d’autres les collent. Il ne s’agit pas d’avoir la mainmise sur un registre d’action, mais de populariser ce dernier au sein du mouvement linguistique breton. Pour ce faire, des militants d’Ai’ta organisent des formations à la désobéissance civile auprès de jeunes militants intéressés par ces pratiques. L’association liée au collectif, Mignoned ar Brezhoneg (« Les amis du breton »), cherche à rassembler d’autres personnes qui ne se reconnaîtraient pas dans l’activisme d’Ai’ta, afin d’organiser d’autres initiatives comme Gouel Broadel ar Brezhoneg, qui ne saurait être uniquement portée par les militants du collectif.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité