D'hier à aujourd'hui

Auteur : Dominique Besançon / novembre 2016

Superstitions, ces croyances d’un autre âge ? Oui, si ce mot est compris dans son sens premier (superstès : ce qui subsiste, ce qui perdure), mais c’est bien souvent à notre insu. C’est le cas de la pendaison de crémaillère. Les Romains s’attiraient les faveurs du génie des lieux en déposant des offrandes devant l’âtre ; au XIXe siècle, les ruraux français enfouissaient une dépouille animale (souvent un coq) dans les fondations de leur maison pour apaiser les mauvais esprits ; aujourd’hui, nous fêtons notre nouveau logement avec force libations et ripailles en perpétuant inconsciemment un très ancien rituel.

Bien que rejetées, ridiculisées ou condamnées par la raison et les religions officielles, elles restent enfouies dans les mémoires, prêtes à resurgir. Le déclencheur est un événement traumatisant, collectif ou individuel, perçu comme incompréhensible ou inacceptable. Les conflits, les pandémies, les cataclysmes climatiques, l’apparition de nouvelles technologies ravivent les vieilles terreurs et ramènent les créatures de l’au-delà.

Elles ne dansent plus en rond mais atterrissent nuitamment dans les champs où elles laissent un  mystérieux cercle. Ce n’est pas un hasard si le vieux mythe des soucoupes volantes a pris tant d’ampleur à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1939-45, les aviateurs américains avaient baptisé les problèmes mécaniques inexpliqués EG : Effets Gremlins, ces derniers se vengeant du désintérêt qu’on leur porte alors qu’ils sont à l’origine de nombreux progrès techniques. De nos jours, la relève est assurée par les trolls informatiques.

           

Proposé par : Bretagne Culture Diversité