Guillaume Le Moal

Auteur : Thomas Perrono / juin 2020

Les stéréotypes relatifs aux travailleurs bretons du Havre les assimilent généralement à « briseurs de grèves » recrutés à l’occasion des conflits sociaux par les patrons havrais, ou bien à des « hommes de peine » n’ayant d’autre choix que d’accepter leur difficile condition ouvrière, comme les voit par exemple le clergé breton. Un certain nombre de Bretons emprunte pourtant la voie du combat syndical ouvrier. Ainsi, lors de la grève des terrassiers en 1900, Le Petit Journal écrit : « Sachez que les grévistes qui sont en conflit avec les entrepreneurs, […] ne sont pas de notre pays, ce sont pour la plupart des Bretons, et comme les Bretons sont fort entêtés, ils ne veulent pas céder ». 

Des trajectoires militantes se dégagent néanmoins, à l’instar de celle de Guillaume Le Moal, né en 1875 à Louargat dans les Côtes-du-Nord. Fils d’un maçon breton, il émigre vers le port normand au début du XXe siècle et s’y marie en 1904. Il y exerce la profession de docker et devient militant anarcho-syndicaliste. En 1913, il est élu trésorier du Syndicat général des ouvriers du port (SGOP) affilié à la CGT, qui regroupe l’ensemble des syndicats des métiers du port du Havre. Pacifiste durant la Première Guerre mondiale, il reprend ses fonctions syndicales dès 1916. Refusant la scission avec la CGTU en 1922, il démissionne de son mandat. De retour sur les quais, il ne revient au syndicalisme que deux ans plus tard, quand le SGOP reprend son autonomie. Il est réélu trésorier. Une fonction qu’il conserve jusqu’en 1939. En 1947, il retrouve ses fonctions de trésorier du syndicat général des ouvriers-dockers, commis et similaires du port du Havre, qui compte 3 000 adhérents. Il meurt le 1er juin 1951, au Havre, âgé de 76 ans.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité