La renaissance du Berligou

Auteur : Guy Saindrenan / décembre 2016

Appelé aussi « le plant de Jean V », ce cépage aurait été offert au duc François II par le duc de Bourgogne Charles le Téméraire… Deux ducs pour parrains, c’est le prix de l’incertitude qui entoure son arrivée en Bretagne. Il s’agit d’un pinot noir de Bourgogne, implanté à Couëron au XVe siècle, dans la propriété ducale du Berligou.

Ce cépage noir est mentionné jusqu’au XIXe siècle mais de manière anecdotique, jusqu’à ce que des prélèvements effectués vers 1930 sur le lieu de culture initial le tirent de l’oubli et l’implante en Sèvre et Maine. Il faudra néanmoins attendre 1993 pour qu’il rejoigne le conservatoire de la vigne qui entoure le musée du vignoble nantais, et 2010 pour qu’une association reconstitue une parcelle de ce plant sur le site d’origine, à Couëron.

Une étude génétique effectuée sous l’égide de l’ITV confirme l’ascendance pinot noir du berligou et révèle suffisamment de différences après plus de 500 ans de vie bretonne autonome pour que le berligou soit considéré comme un cépage à part entière. En outre, son état sanitaire exceptionnel atteste de sa bonne adaptation à son milieu breton. En 2012, l’association Le Berligou a effectué sa première vendange, dont le rendement fut de 10 hl/ha, chiffre modeste à apprécier à la lumière de la jeunesse de la vigne (3 ans) et d’une année au printemps déplorable. Les 50 litres obtenus ont été vinifiés en rosé après éraflage de la vendange et macération à froid (10 °C – 48 heures). Le moût présentait une potentialité alcoolique de 12,3 % et une acidité totale de 4,5 g/l ; il a fermenté spontanément à 18 °C. Le rosé obtenu présente une belle couleur et des arômes de fruits rouges (framboise surtout) très élégants. Il y a là une perspective prometteuse pour le vignoble nantais qui manque singulièrement de vins rouges reconnus.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité