La tuberculose

Auteur : Thierry Fillaut / mars 2018

Lutter contre la tuberculose est une priorité au début du XXe siècle : les cinq départements bretons sont ceux où l’on meurt le plus de cette cause au début des années 1930, avec des taux supérieurs d’au moins 50 % à la moyenne nationale.

Ce combat nécessite des lits d’hôpitaux et des structures spécialisées. Les premiers sanatoriums pour tuberculose osseuse voient le jour sur le littoral (Pen Bron, Roscoff) avant 1914. D’autres ouvriront ultérieurement, pour les tuberculoses pulmonaires (Plémet). Des préventoriums sont également créés pour « les enfants de santé délicate » (La Bouëxière, Plumelec). L’enjeu se situe également en amont : il faut repérer et suivre précocement les populations à risque. Pilote en ce domaine, le Finistère totalise, dès 1928, 30 dispensaires et 12 consultations volantes, dans lesquels interviennent 48 infirmières-visiteuses qui assurent le suivi de 9 500 familles ; en 1930, le service sera animé par 5 médecins spécialistes et disposera d’un « camion-radiophoto » pour le dépistage.

Surtout, il faut éduquer la population en lui faisant adopter des comportements propres à la prémunir de la contagion. L’école sera le relais privilégié de cette éducation, au moyen par exemple de l’enseignement ménager dispensé aux filles ou en mobilisant les écoliers lors des campagnes de vente du timbre antituberculeux. Les messages sont explicites : ne plus dormir dans un lit clos, refuser de boire dans le même verre que son voisin et se rappeler que « cracher par terre est sale et dangereux », comme le martèle le Dr Lagriffe dans un Manuel d’hygiène à l’usage des écoles primaires publié à Quimper en 1923.

bIBLIOGRAPHIE

  • Armand-Delille PF, « L’organisation de la lutte antituberculeuse dans le Finistère. Conséquences économiques et sociales », La Presse médicale, 4 juillet 1928, pp. 843-845.
     
  • Bouffort Daniel, L’adaptation de l’équipement hospitalier spécialisé à l’évolution de la pathologie tuberculeuse : l’exemple de la région Bretagne (1918-1980), ENSP, mémoire de fin d’assistanat, 1990, 92 p.
  • Broudic Fañch, « Il est interdit de cracher par terre et de parler breton », Société archéologique du Finistère - Année 2001, t. CXXX, 2002, p. 363-370.
  • « Quelques nouveaux éléments sur "Il est interdit de cracher par terre et de parler breton" », Société archéologique du Finistère - Année 2002, t. CXXXI, 2003, p. 449-452.

Documentaire

  • Vivre - Documentaire d’Émile Gaudu sur la tuberculose dans les Côtes-du-Nord (financement : direction de la santé), 1946, 20 min. Producteur : Films Lutétia.
    Cote cinémathèque : 3725

Proposé par : Bretagne Culture Diversité