Les druides faisaient-ils des sacrifices humains ?

Auteur : Philippe Lanoë / novembre 2016

Strabon (64/63 av. J-.C. - 24/25 ap. J.-C.) dans sa Géographie (IV, 4, 5) précise le rôle des druides :

« Les Romains réussirent pourtant à les faire renoncer à … maintes pratiques de leurs sacrificateurs et de leurs devins qui répugnaient trop à nos moeurs : il était d'usage, par exemple, que le malheureux désigné comme victime reçût un coup de sabre [à l'endroit des fausses côtes,] puis l'on prédisait l'avenir d'après la nature de ses convulsions [et cela en présence des Druides], vu que jamais ils n'offraient de sacrifices sans que des Druides y assistassent. On cite encore chez eux d'autres formes de sacrifices humains : tantôt, par exemple, la victime était tuée [lentement] à coups de flèches, tantôt ils la crucifiaient dans leurs temples, ou bien ils construisaient un mannequin colossal avec du bois et du foin, y faisaient entrer des bestiaux et des animaux de toute sorte pêle-mêle avec des hommes, puis y mettant le feu, consommaient l'holocauste. »

source : http:// www.remacle.org

Les fouilles archéologiques des sanctuaires de Gournay-sur-Aronde et Ribemont-sur-Ancre en Picardie ont permis de mieux connaître les pratiques religieuses des Gaulois. A Ribemont, les corps décapités et démembrés, exposés étaient très probablement des ennemis vaincus. Il ne s’agit donc nullement de sacrifices humains.

Il est cependant probable que des sacrifices ont eu lieu, les victimes devaient être des prisonniers de guerre ou des condamnés. Des découvertes faites dans des tourbières en Grande-Bretagne et en Irlande ont mis en évidence des pratiques sacrificielles.

Les auteurs grecs et latins ont délibérément placé la civilisation celtique dans le camp de la sauvagerie pour mieux justifier la supériorité romaine.

Lors de la conquête de la Gaule par César les sacrifices humains n’étaient déjà plus pratiqués, car il est probable que Strabon et César ont puisé leur information chez Posidonius (135 av. J.-C., vers 51 av. J.-C.) bien antérieur.

Cette vision d’une société celtique pratiquant des sacrifices humains est restée gravée dans l’imaginaire et a été associée, dans les siècles passés complètement à tort, aux monuments mégalithiques dont on a fait des autels à sacrifice.

 

Bibliographie

 

Proposé par : Bretagne Culture Diversité