Les marais salants au début du XXIe siècle

Auteur : Gildas Buron / novembre 2016

La mécanisation du travail. Chargement d’un mulon de sel au tracteur lors d’un roulage de fin d’été, saline Bornies en Batz - photo : Gildas Buron

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la disparition des salaisons domestiques et la concurrence des sels industriels ont précipité l’abandon des marais salants bretons. Dans les années 1970, l’intégrité du bassin salicole des marais salants de Guérande s’est vue menacée par des projets immobiliers et de rocade. Mais, contre toute attente, la société civile s’est opposée aux arbitraires et aux logiques technocratiques d’aménagement du territoire. Les combats des paludiers, légitimés par la communauté scientifique universitaire et appuyés par le monde associatif et les citoyens du territoire, ont permis d’arracher en 1996 une mesure forte de protection et d’obtenir le classement du bassin de Batz-Guérande au titre de la loi du 2 mai 1930.

La spécificité de la profession paludière ayant été reconnue dès la fin de la décennie 1970, il a été possible de mettre en place une formation indispensable à la transmission de savoir-faire. La population active du marais a pu se stabiliser, se rajeunir et se consolider. Les chiffres communiqués en 2011 par la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique en témoignent. Ils signalent 300 chefs d’exploitations dont 190 paludiers à temps plein. À ces chiffres, il convient d’ajouter ceux des emplois induits : de 115 à 120 emplois directs salariés et 300 emplois saisonniers selon les années.

La dynamique impulsée dans les marais salants de Guérande a conduit à envisager une reprise de la saliculture artisanale dans le pays de Retz, aux Moûtiers et à Bourgneuf, et dans le Morbihan, à Saint-Armel et à La Trinité-sur-Mer.

 

Proposé par : Bretagne Culture Diversité