Les pompiers à Rennes au début du XXe siècle

Auteur : Erwan Le Gall / décembre 2020

L’histoire des incendies est nécessairement, à Rennes comme ailleurs, liée à celle des pompiers. Pourtant, ceux-ci n’ont que peu intéressé les historiens, tout particulièrement en ce qui concerne le chef-lieu du département d’Ille-et-Vilaine. Un vide historiographique qui s’explique peut-être par le sous-effectif constant qui frappe ce corps au cours du premier quart du XXe siècle. Ainsi, la dizaine d’incorporations réalisée au début de l’année 1914 parvient difficilement à combler les nombreux manques dans les rangs causés par un nombre important de démissions et de départs à la retraite.

À partir du mois d’août 1914 et des premières heures de la mobilisation générale, la situation sur le plan du recrutement devient encore plus critique. Ce ne sont en effet pas moins de 20 % des sapeurs-pompiers de la compagnie de Rennes qui partent aux armées. Au total et jusqu’en novembre 1918, date de l’Armistice, 60 soldats du feu sont envoyés combattre sur le front. Un chiffre considérable quand on veut bien se rappeler que l’effectif théorique de la compagnie de Rennes est de 140 hommes.

Dès lors, comment s’étonner qu’à la fin du mois de décembre 1916, lorsque le feu embrase une boulangerie de la rue Vasselot, les pompiers soient en net sous-effectif ? Heureusement pour eux, ils peuvent compter sur l’aide de nombreux militaires tenant garnison à Rennes, des gendarmes mais aussi des artilleurs. Conjointement, ils permettent de circonscrire le sinistre et d’éviter qu’il se propage : un danger bien réel pour qui connaît ces si fragiles maisons en bois édifiées au sud de la Vilaine.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité