Luzel adepte précoce de la photographie

Auteur : Fañch Postic / février 2020

Très tôt, en 1854-55, François-Marie Luzel s’intéresse à la photographie, achète du matériel et recherche quelqu’un pour l’initier. « Faire de la photographie », est d’ailleurs l’un des griefs que lui font ses supérieurs du collège de Quimper, dès 1863, pour demander sa mutation. C’est à la photographie que, dès 1863, Luzel, envisage de faire appel pour rester au plus près de la réalité :

« j'aurais l'œil ouvert à tout, et, sur mon cahier de notes, je retracerais, autant que possible sur les lieux mêmes, mes impressions, mes observations et les pensées de toute sorte que ces spectacles divers réveilleraient en moi. Je tâcherais de reproduire aussi par la photographie, — le plus sûr moyen d'être exact et vrai, — les types et les costumes bretons, si variés, si pittoresques, si gracieux généralement, et qui, au grand regret du poète et de l'artiste, vont disparaissant et se fondant chaque jour dans l'uniformité française, si bien que le pantalon et la blouse de coton bleu du Normand menacent de remplacer partout le chupenn et le bragou-braz des vieux Bretons. »

Il expédie régulièrement des tirages à ses différents correspondants, y compris à La Villemarqué. Un album contenant des clichés pris par Luzel, qui a été retrouvé dans une décharge, est aujourd’hui conservé à la bibliothèque des Champs libres à Rennes. Mais il montre que si Luzel envisageait, grâce à la photographie, d’offrir une reproduction fidèle de la réalité, les clichés qui nous sont connus nous livrent des portraits posés, parfois familiaux, où le costume – breton ou non – est souvent l’élément privilégié et où la mise en scène est évidente. Ils ne manquent cependant pas d’intérêt.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité