Terres ouvertes, terres encloses et organisation sociale à Damgan (56)

Auteur : Laurent Gall / novembre 2020

La recherche en anthropologie de la commune de Damgan étudie l’articulation, avant le remembrement des années 1950, entre le système agraire et l’organisation de la société locale, ainsi que, indirectement, l’imbrication entre les relations à la nature et les relations sociales. Les travaux de de Sophie Laligant mettent en évidence une partition nettement sectorisée du territoire, entre un espace de terres ouvertes soumis à une gestion collective pour les labours (le « rayage »), et un espace de terres encloses à usage individuel (les « clos ») destinées aux cultures pérennes (vigne, verger, prés, landes). Ce type d’organisation spatiale requiert non seulement un système d’entraide et de décisions concertées, mais mobilise l’ensemble de la population, tant du point de vue de la circulation des biens, du mode d’héritage que des cycles rituels (baptêmes, mariages, funérailles) qui véhiculent un corpus de représentations de la nature, de l’espace et du temps. L’auteur explique comment les anciennes structures collectives ont fait place à un « individualisme agraire ».

De tels usages en champs ouverts ont existé en Basse-Bretagne, essentiellement sur la zone littorale, sous la catégorie de « rayage » à Damgan ou de « mezoù » ailleurs.

BIBLIOGRAPHIE :

 

  • Laligant Sophie, Un point de non-retour - Anthropologie sociale d'une communauté rurale et littorale bretonne, Rennes, PUR, 2008.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité