Variation géographique de la langue

Auteur : Nelly Blanchard / mars 2018

La langue bretonne vernaculaire connaît des variations géographiques, elle est constituée d’un enchevêtrement de traits linguistiques, qui ne sont pas identiques sur l’ensemble du territoire de la Basse-Bretagne mais forment un continuum linguistique. Si l’expression courante « N’eo ket memes brezhoneg / Ce n’est pas le même breton » peut laisser penser à des parlers différents d’une commune à une autre, il n’en est rien : tout parler local est original par le simple croisement spécifique à cet endroit de caractéristiques linguistiques présentes ailleurs. La connaissance des variations géographiques de la langue bretonne s’est construite à partir de la fin du XIXe siècle par la collecte de données sur des parlers populaires, puis grâce à la cartographie systématique de données dans des atlas linguistiques (Pierre Le Roux, 1924 et Jean Le Dû, 2001).

L’étude géolinguistique de certaines de ces cartes (Falc’hun, 1953) a permis d’approfondir les connaissances de l’histoire du breton (poids de l’économie et des obstacles naturels comme les montagnes ou les rivières, rôle de Carhaix et des ports de Basse-Bretagne, par exemple) et de dépasser la caractérisation simplificatrice du breton en quatre dialectes suivant les frontières des évêchés. En effet, une grande diagonale centrale, constituée autour de Carhaix et allant du Sud-Finistère au Trégor et parfois au Goëlo, se distingue des deux autres grands ensembles linguistiques que sont le breton du Nord-Ouest (Léon et au-delà, parfois jusqu’au Trégor finistérien et les Monts d’Arrée, parfois jusqu’à la presqu’île de Crozon et le Cap-Sizun) et le breton du Sud-Est (Vannetais et au-delà, parfois englobant le Goëlo, parfois jusqu’à Quimper). Ces deux parlers excentrés conservent des formes linguistiques plus archaïques et parfois similaires, tandis que la diagonale centrale connaît des formes modernes et plus unifiées.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité