Bourses doctorales

L’association Bretagne Culture Divesité soutien des doctorant-e-s ou futurs doctorant-e-s dont les travaux portent sur les missions de l’association. Cette aide intervient en complément d’autres dispositifs (cofinancement de contrat doctoral, d’ARED, notamment). 

L’aide apportée s’élève à 5 000 € par an et par personne pour une durée maximale de trois ans. 

L’appel à projets est publié une fois par an et l’association retient un.e seul.e candidat.e. 

[Lire l’appel 2022] 
[Lire le règlement]

Les travaux que Bretagne Culture Diversité a soutenus : 

  • 2021, Marianne Raguénès (CRBC, UBO) :
    • Le mobilier sculpté de style dit néo-breton (1865-1930) (dir. : Nelly Blanchard)
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En 1865 serait né dans l’atelier de Louis-Marie Le Peutrec situé à Melrand dans le centre Bretagne, un nouveau type de meuble breton. Ce mobilier qui a continué à être fabriqué jusque dans les années 1970-1980 est aujourd’hui connu sous le terme de mobilier néo-breton. Agrémenté de panneaux figurant des scènes de vie paysanne fantasmées, il se caractérise par sa lourdeur, ainsi que sa surcharge ornementale, voire sa mauvaise qualité de fabrication. Pourtant il n’en a pas toujours été ainsi, en effet ce style doit être vu comme le premier à réunir toute la péninsule bretonne derrière une histoire et une culture commune. Cette production qui a pu émerger grâce au développement du train et qui a été impactée par l’arrivée de la mécanisation, est aussi un moyen d’affirmer l’habileté des artisans de la région. Ce mobilier qui dans un premier temps se voulait être pensé par des Bretons pour des Bretons va surtout séduire une clientèle de touristes. La demande croissante aura des conséquences sur les ateliers qui vont grossir, mais aussi des conséquences sur les théories artistiques touchant les arts décoratifs.

  • 2020, Alexandrine Mignerot (PREFICS, Rennes 2) :
    • L’analyse de la mise en place d’une politique linguistique de promotion du gallo par la Région Bretagne (dir. : Philippe Blanchet)
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La Région Bretagne a lancé depuis 2014 une nouvelle et ambitieuse de promotion du gallo. Depuis 2016, elle est passée à sa mise en place dans divers champs d’action : culturel, territorial, économique, éducatif, avec la charte « Dam Ian Dam Ver », la création de l’Institut de la langue gallèse, les Prix du Gallo. Cette recherche doctorale a pour objectifs :

  • De réaliser un suivi de l’élaboration, de l’implémentation, de la réception et des effets des actions de politique linguistique au plus près des acteurs, pour en analyser les modalités, les dynamiques, les leviers et les freins, les effets, dans le but d’en dresser un bilan à trois ans (fin 2021).
  • D’élaborer sur cette base des recommandations pour une 2e étape de stabilisation et de consolidation de cette politique linguistique

  • 2019, Shantty Turck (Tempora, Rennes 2) :
    • Brodeurs et brodeuses dans la Bretagne moderne (vers 1650-vers 1830) (dir. : Gauthier Aubert)
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L’art de la broderie a pris au XIXe siècle un tournant artistique et populaire qui contribue, jusqu’à aujourd’hui, à la richesse culturelle de la Bretagne. Son histoire est partiellement connue. Les raisons et les origines de cette pérennité peuvent s’enraciner dans l’histoire ducale de la Bretagne. Comme en témoigne la richesse du patrimoine textile brodé conservé dans les réserves muséales et les églises bretonnes : bannières, costumes, objets civils, politiques et religieux. C’est en croisant sources textiles et sources manuscrites, témoignant de commandes faites auprès des brodeurs et brodeuses de métier ou illustrant une pratique domestique diffuse, qu’une histoire socioéconomique et culturelle de ce métier, de cet art et savoir-faire est possible. À travers cette étude, c’est tout un pan de la vie artisanale, économique et culturel d’un territoire qui se révèle.

  • 2016, Chloé Bour (ESO, Rennes 2) :
    • S’approprier l’Unesco : la fabrique du patrimoine culturel et immatériel en Normandie et en Bretagne (dir. : Laurent Sébastien Fournier & Philip Milburn)
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Le patrimoine culturel immatériel [PCI], vivant et évolutif, trouble une conception française historiquement centrée sur le matériel (monuments, sites architecturaux, objets d’art). La convention adoptée par l’Unesco pour sauvegarder le PCI (2003) institue une transformation profonde du rôle des acteurs dans la chaîne patrimoniale en soumettant l’attribution de la valeur patrimoniale (i.e. la patrimonialisation) à une « démocratie participative », impliquant les praticiens eux-mêmes, et minorant l’expertise scientifique pratiquée jusqu’alors. L’objectif de la thèse est d’analyser et de comprendre dans quelle mesure ces renversements dans les pratiques habituelles de patrimonialisation sont vécus et pris en considération (ou non) par les acteurs eux-mêmes : les « experts » (institutions, politiques, agents du patrimoine), les « communautés » (associations patrimoniales et praticiens) et l’État, dans l’actuelle mise en patrimoine au titre de l’Inventaire national du PCI de France. Pour cela, la réflexion prend appui sur une Cifre (Convention industrielle de formation par la recherche) avec La Fabrique de Patrimoines en Normandie (Caen), en partenariat avec Bretagne Culture Diversité (Lorient). Ces deux organismes qui constituent nos objets d’étude et nos « laboratoires » d’expériences innovantes et participatives de patrimonialisation, nous permettent d’identifier les impacts de l’institution du PCI sur le territoire régional à partir d’une étude comparée entre deux régions accolées l’une à l’autre : la Bretagne et la Normandie.

  • 2015, Zsofia Pesovar (Paragraphe, Paris VIII) :
    • Transmission du chant de tradition orale en Bretagne. Observation et analyse de la transmission, des techniques d’apprentissage et des caractéristiques de l’interprétation à travers du parcours des chanteurs (dir. : Annamaria Lammel & Emmanuel Parent)
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L’enseignement du chant de tradition orale dans le cadre des dispositifs actuels fait appel à des méthodes pédagogiques basées sur l’observation et l’analyse ethnomusicologique de la transmission du chant breton de tradition orale d’aujourd’hui. Dans mon mémoire, j’étudierai le parcours de dix chanteurs bretons de différentes classes d’âge. Pour développer mes recherches, j’intégrerai leurs témoignages ainsi que leurs points de vue concernant la transmission du chant. L’apprentissage, le développement et la pratique du chant sera également présenté dans des courts métrages documentaires, construits à partir de séquences filmées dans différentes situations individuelles et collectives (pratique individuelle et collective lors de répétition, création de nouveaux concerts et pendant la transmission du chant). Dans cette étude, je proposerai des angles scientifiques ainsi que des points de vue personnels et artistiques afin de mieux appréhender un sujet complexe et passionnant.

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À une époque où la notion de patrimoine culturel immatériel est de plus en plus utilisée à l’échelle internationale, les populations s’approprient le concept localement. Il en va ainsi en Bretagne. La musique et la danse bretonne sont pleines de vitalité, tout en ayant conservé leur aspect patrimonial ; les autres éléments du patrimoine culturel immatériel pourraient-ils connaître une même revitalisation ? Notre thèse traite des témoignages sur l’ethnobotanique en Haute-Bretagne, c’est-à-dire relatifs aux savoirs et savoir-faire populaires liés aux plantes. Ils sont étudiés à travers l’analyse d’archives orales conservées au sein du milieu associatif et issues d’enquêtes et de collectages. Ce sont les plantes citées dans les recueils des folkloristes haut-bretons, à la fin du XIXe siècle, qui reviennent le plus souvent dans les archives sonores, un siècle plus tard. Les enregistrements de témoignages ethnobotaniques et les recueils des folkloristes, peu précis sur les modalités des savoirs, visent davantage à la sauvegarde des connaissances qu’à leur possible revitalisation. Par le dépôt patrimonial dans des structures de conservation, elles connaissent une première forme de valorisation, à travers leur traitement documentaire. Celui-ci opère une mise à distance, en transformant les témoignages en archives. Les archives orales, jusqu’alors considérées comme de simples matériaux de terrain, accèdent ainsi à de multiples possibilités de réutilisations. Elles créent chez l’auditeur un sentiment d’appartenance et lui permettent de renouer avec la tradition orale.

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Résumé : La Bretagne est traversée par une frontière linguistique séparant historiquement la Basse-Bretagne de langue celtique (le breton) et la Haute-Bretagne de langue romane (le gallo). En zone frontalière, la différence linguistique sert de support à des représentations stéréotypées de l’Autre et de sa langue. Bien que la limite ait longtemps été mouvante, que des échanges aient toujours eu lieu et que les histoires familiales mêlent fréquemment des personnes originaires des deux côtés, deux groupes présentés comme étanches sont constitués de longue date, les « Bretons » et les « Gallos ». En créant une altérité en apparence évidente, la frontière linguistique permet aux uns et aux autres, dans un double mouvement, de se différencier de leurs voisins et de s’identifier à leur groupe. L’analyse des représentations fait apparaître une forte asymétrie, nettement en faveur des Bas-Bretons et du breton, tandis que les Hauts-Bretons et le gallo sont souvent ignorés, voire font l’objet d’un franc mépris. Cette asymétrie va de pair avec une survalorisation de la Basse-Bretagne dans les discours sur l’identité bretonne face à une Haute-Bretagne fréquemment occultée. De nos jours, ces représentations anciennes continuent à influer sur les pratiques, le gallo faisant l’objet d’une faible mobilisation et ses locuteurs obtenant peu de moyens susceptibles d’aider à inverser le mouvement de déclin. La frontière est source de tensions au sein du mouvement de revitalisation des langues de Bretagne, qu’on la considère obsolète ou que l’on souhaite s’appuyer sur elle pour faire respecter un territoire et revendiquer des droits linguistiques.