Une famille liée à la petite reine… bien malgré elle

Auteur : Yves-Marie Evanno / mai 2021

Alors que leur père s’était initialement opposé à la carrière de Lucien, ce sont finalement ses trois fils qui succombent au virus de la bicyclette. Paul, l’aîné, connaît une carrière honorable qu’il effectue, à la différence de Lucien, sous sa véritable identité. Coureur de second plan, il acquiert malgré tout une certaine notoriété à la fin de l’année 1908. En août, il remporte le titre « convoité » de champion de France amateur, à la surprise des observateurs qui n’en faisaient pourtant qu’un « outsider ». En pleine confiance, Paul Mazan remporte dans la foulée Paris-Provins puis, quelques semaines plus tard, le Tour de Tarragone avec, en prime, trois victoires d’étapes. Ces succès restent sans lendemain. Âgé de seulement 27 ans, il retombe dès 1909 dans un relatif anonymat sans avoir disputé aucun Tour de France à la différence de son frère cadet, Anselme. Conservant également son patronyme, il prend part à l’édition 1907 de la Grande Boucle alors qu’il n’a que 24 ans. Cette année-là, si Lucien Petit-Breton remporte son premier succès, Anselme Mazan ne parvient pas à terminer à l’épreuve. Son nom disparaît d’ailleurs des chroniques sportives à cette date.

Quarante ans après la seconde victoire de Lucien, la famille Mazan retrouve les honneurs du Tour de France. En 1948, c’est en effet son fils, Yves, qui est nommé directeur technique de l’équipe de l’Ouest. Il n’est pas inconnu des lecteurs du quotidien Ouest-France pour qui il rédige des chroniques sportives sous le pseudonyme de « Petit-Breton ». Comme son père, il manie donc aisément la plume. En revanche, il s’est toujours refusé à embrasser une carrière de coureur, jugeant que le prestige de son père était un poids trop « difficile à porter ». L’expérience de 1948 est douloureuse pour l’inexpérimenté directeur technique. En effet, aucun de ses coureurs n’arrive à Paris, alors que, l’année précédente, ils avaient porté au triomphe Jean Robic… Malgré cet échec, qu’il attribue aux « incidents » et aux « blessures », le journaliste ne renonce pas. Continuant de marcher dans les traces de son père, il assure, durant quelques années, la direction sportive de l’équipe Automoto dans laquelle Lucien Petit-Breton termina sa carrière en 1914…

Proposé par : Bretagne Culture Diversité