Les travaux que Bretagne Culture Diversité a soutenus :
2022, Tudi Créquer (Celtic BLM, Rennes 2) : Les prémices de l’enregistrement sonore de langue bretonne au début du XXe siècle (dir. : Erwan Hupel)
Résumé : Au tournant du XIXème et du XXème siècle, le phonographe fait son apparition dans l’outillage des collecteurs de traditions orales et populaires. La parole s’écrit dans les sillons de rouleaux de cire et permet pour la première fois de graver l’immatériel. Plusieurs initiatives indépendantes sont ainsi entreprises dans plusieurs pays européens pour enregistrer le breton. Parmi eux l’anthropologue parisien Léon Azoulay, le linguiste breton Fañch Vallée, Rudolf Von Trebitsch de l’académie de Vienne ou encore les scientifiques de la Berlin phonographer durant la première guerre mondiale. Au total, plusieurs heures d’enregistrements ont été réalisées sur cette période. L’objectif de la présente thèse est de recenser l’ensemble du matériel sonore de langue bretonne du début du Xxème siècle, de mettre en valeur le matériau identifié et d’analyser son importance historique, linguistique et sociolinguistique.
2021, Marianne Raguénès (CRBC, UBO) : Le mobilier sculpté de style dit néo-breton (1865-1930) (dir. : Nelly Blanchard)
Résumé : En 1865 serait né dans l’atelier de Louis-Marie Le Peutrec situé à Melrand dans le centre Bretagne, un nouveau type de meuble breton. Ce mobilier qui a continué à être fabriqué jusque dans les années 1970-1980 est aujourd’hui connu sous le terme de mobilier néo-breton. Agrémenté de panneaux figurant des scènes de vie paysanne fantasmées, il se caractérise par sa lourdeur, ainsi que sa surcharge ornementale, voire sa mauvaise qualité de fabrication. Pourtant il n’en a pas toujours été ainsi, en effet ce style doit être vu comme le premier à réunir toute la péninsule bretonne derrière une histoire et une culture commune. Cette production qui a pu émerger grâce au développement du train et qui a été impactée par l’arrivée de la mécanisation, est aussi un moyen d’affirmer l’habileté des artisans de la région. Ce mobilier qui dans un premier temps se voulait être pensé par des Bretons pour des Bretons va surtout séduire une clientèle de touristes. La demande croissante aura des conséquences sur les ateliers qui vont grossir, mais aussi des conséquences sur les théories artistiques touchant les arts décoratifs.
2019, Shantty Turck (Tempora, Rennes 2) : Brodeurs et brodeuses dans la Bretagne moderne (vers 1650-vers 1830) (dir. : Gauthier Aubert)
Résumé : L’art de la broderie a pris au XIXe siècle un tournant artistique et populaire qui contribue, jusqu’à aujourd’hui, à la richesse culturelle de la Bretagne. Son histoire est partiellement connue. Les raisons et les origines de cette pérennité peuvent s’enraciner dans l’histoire ducale de la Bretagne. Comme en témoigne la richesse du patrimoine textile brodé conservé dans les réserves muséales et les églises bretonnes : bannières, costumes, objets civils, politiques et religieux. C’est en croisant sources textiles et sources manuscrites, témoignant de commandes faites auprès des brodeurs et brodeuses de métier ou illustrant une pratique domestique diffuse, qu’une histoire socioéconomique et culturelle de ce métier, de cet art et savoir-faire est possible. À travers cette étude, c’est tout un pan de la vie artisanale, économique et culturel d’un territoire qui se révèle.
2016, Chloé Bour (ESO, Rennes 2) : S’approprier le patrimoine culturel immatériel selon l’Unesco : enjeux professionnels et pratiques de participation : étude en Normandie et Bretagne (dir. : Laurent Sébastien Fournier & Philip Milburn)
Résumé : L’art de la broderie a pris au XIXe siècle un tournant artistique et populaire qui contribue, jusqu’à aujourd’hui, à la richesse culturelle de la Bretagne. Son histoire est partiellement connue. Les raisons et les origines de cette pérennité peuvent s’enraciner dans l’histoire ducale de la Bretagne. Comme en témoigne la richesse du patrimoine textile brodé conservé dans les réserves muséales et les églises bretonnes : bannières, costumes, objets civils, politiques et religieux. C’est en croisant sources textiles et sources manuscrites, témoignant de commandes faites auprès des brodeurs et brodeuses de métier ou illustrant une pratique domestique diffuse, qu’une histoire socioéconomique et culturelle de ce métier, de cet art et savoir-faire est possible. À travers cette étude, c’est tout un pan de la vie artisanale, économique et culturel d’un territoire qui se révèle.
Date de soutenance : 9 septembre 2022
2015, Zsofia Pesovar (Paragraphe, Paris VIII) : Transmission et acquisition des pratiques et des connaissances du chant de tradition orale en Bretagne (dir. : Annamaria Lammel & Emmanuel Parent)
Résumé : L’enseignement du chant de tradition orale dans le cadre des dispositifs actuels fait appel à des méthodes pédagogiques basées sur l’observation et l’analyse ethnomusicologique de la transmission du chant breton de tradition orale d’aujourd’hui. Dans mon mémoire, j’étudierai le parcours de dix chanteurs bretons de différentes classes d’âge. Pour développer mes recherches, j’intégrerai leurs témoignages ainsi que leurs points de vue concernant la transmission du chant. L’apprentissage, le développement et la pratique du chant sera également présenté dans des courts métrages documentaires, construits à partir de séquences filmées dans différentes situations individuelles et collectives (pratique individuelle et collective lors de répétition, création de nouveaux concerts et pendant la transmission du chant). Dans cette étude, je proposerai des angles scientifiques ainsi que des points de vue personnels et artistiques afin de mieux appréhender un sujet complexe et passionnant.
Date de soutenance : 15 juin 2026
2015, Maëlle Mériaux (CRBC, Rennes 2) : Histoires de plantes : les sources ethnobotaniques orales et écrites de Haute-Bretagne, de la fin du XIXe siècle à nos jours (dir. : Ronan Le Coadic & Florence Descamps)
Résumé : À une époque où la notion de patrimoine culturel immatériel est de plus en plus utilisée à l’échelle internationale, les populations s’approprient le concept localement. Il en va ainsi en Bretagne. La musique et la danse bretonne sont pleines de vitalité, tout en ayant conservé leur aspect patrimonial ; les autres éléments du patrimoine culturel immatériel pourraient-ils connaître une même revitalisation ? Notre thèse traite des témoignages sur l’ethnobotanique en Haute-Bretagne, c’est-à-dire relatifs aux savoirs et savoir-faire populaires liés aux plantes. Ils sont étudiés à travers l’analyse d’archives orales conservées au sein du milieu associatif et issues d’enquêtes et de collectages. Ce sont les plantes citées dans les recueils des folkloristes haut-bretons, à la fin du XIXe siècle, qui reviennent le plus souvent dans les archives sonores, un siècle plus tard. Les enregistrements de témoignages ethnobotaniques et les recueils des folkloristes, peu précis sur les modalités des savoirs, visent davantage à la sauvegarde des connaissances qu’à leur possible revitalisation. Par le dépôt patrimonial dans des structures de conservation, elles connaissent une première forme de valorisation, à travers leur traitement documentaire. Celui-ci opère une mise à distance, en transformant les témoignages en archives. Les archives orales, jusqu’alors considérées comme de simples matériaux de terrain, accèdent ainsi à de multiples possibilités de réutilisations. Elles créent chez l’auditeur un sentiment d’appartenance et lui permettent de renouer avec la tradition orale.
Date de soutenance : 26 novembre 2018
2014, Anne Diaz (CRBC, Rennes 2) : « Gallos » et « Bretons » : Représentations de l’Autre et mobilisations de la frontière linguistique dans les processus de construction identitaire. Une approche anthropologique de la limite entre Haute et Basse-Bretagne.(dir. : Ronan Le Coadic & Philippe Pesteil)
Résumé : La Bretagne est traversée par une frontière linguistique séparant historiquement la Basse-Bretagne de langue celtique (le breton) et la Haute-Bretagne de langue romane (le gallo). En zone frontalière, la différence linguistique sert de support à des représentations stéréotypées de l’Autre et de sa langue. Bien que la limite ait longtemps été mouvante, que des échanges aient toujours eu lieu et que les histoires familiales mêlent fréquemment des personnes originaires des deux côtés, deux groupes présentés comme étanches sont constitués de longue date, les « Bretons » et les « Gallos ». En créant une altérité en apparence évidente, la frontière linguistique permet aux uns et aux autres, dans un double mouvement, de se différencier de leurs voisins et de s’identifier à leur groupe. L’analyse des représentations fait apparaître une forte asymétrie, nettement en faveur des Bas-Bretons et du breton, tandis que les Hauts-Bretons et le gallo sont souvent ignorés, voire font l’objet d’un franc mépris. Cette asymétrie va de pair avec une survalorisation de la Basse-Bretagne dans les discours sur l’identité bretonne face à une Haute-Bretagne fréquemment occultée. De nos jours, ces représentations anciennes continuent à influer sur les pratiques, le gallo faisant l’objet d’une faible mobilisation et ses locuteurs obtenant peu de moyens susceptibles d’aider à inverser le mouvement de déclin. La frontière est source de tensions au sein du mouvement de revitalisation des langues de Bretagne, qu’on la considère obsolète ou que l’on souhaite s’appuyer sur elle pour faire respecter un territoire et revendiquer des droits linguistiques.
Date de soutenance : 5 juillet 2018