Du monde pour les journées européennes du patrimoine

Bretagne Culture Diversité accompagnait deux Petites Cités de Caractère®, Châtelaudren-Plouagat (22) et Le Faou (29), dans l’organisation d’événements gratuits et ouverts à tous dans le cadre des 40e Journées européennes du patrimoine les 16 et 17 septembre dernier.

Ces Journées se sont déroulées sous le signe de la convivialité et du partage. Les acteurs locaux et les associations locales ont été ravis de partager leurs connaissances, leurs savoirs et leurs pratiques avec le public venu en nombre.

Du Pasteo au Faou à la causerie en Gallo à Châtelaudren-Plouagat

Au Faou le samedi et le dimanche, trois ateliers de confection de pasteo (ces brioches dégustées lors de la période des Gras) ont été suivis par une trentaine de personnes, venues de tous horizons (même de Sologne !)… Une cinquantaine de pasteos ont été pâtissés et dégustés avec un plaisir non dissimulé : « Je retrouve le goût des pasteos de mon enfance, que faisait ma grand-mère », s’est même exclamée une participante ! Mission accomplie pour l’association Teñzorioù Ar Faou qui a animé l’atelier avec nous !

Reportage de Tébéo sur le Faou

Une visite de la rade du Faou, une conférence sur l’art baroque et un chantier naval étaient également proposés durant le week end.

Le dimanche 17 septembre, une quarantaine de personnes s’étaient donné rendez-vous au café Chez Georgette à Châtealaudren-Plouagat pour une causerie en gallo en partenariat avec Chubri et en compagnie de Patrice Olivo et de René Baucha.

En préambule du week end des journées européennes du patrimoine, des extraits d’entretiens étaient à regarder à la médiathèque « Parenthèse » de Châtelaudren-Plouagat. La vidéo est à voir ci-dessous :

Un grand merci à toutes celles et tous ceux qui ont rendu ces journées possibles.

Un mot pour nommer une absence : retour sur la journée « Matrimoine[s] »

Où sont les femmes ? Voici la question que nous nous sommes posée, chacune à l’aune des missions que nous menons au sein de Bretagne Culture Diversité et même au-delà.

S’emparer du terme matrimoine, comme le souligne Ellen Hertz, c’est d’abord se pourvoir d’un outil pour « penser une absence, un héritage invisible et non reconnu ». Et pour le rendre visible, l’une des solutions a consisté à extirper le matrimoine d’un passé oublié, pour donner à voir et à entendre l’héritage des femmes. Ce terme, dont la première occurrence date de 1155, a été peu à peu « cannibalisé » par le terme patrimoine, pour disparaître au 16e siècle.

Revenu sur le devant de la scène dans les années 2000, émergeant dans un contexte de revendications féministes et sociales majeures, le terme matrimoine devient une revendication à part entière.

Car, parler aujourd’hui de matrimoine c’est avant tout restaurer un impensé.

C’est ce que souligne Béatrice Macé, vice-présidente de la Région Bretagne, quand elle inscrit la valorisation du matrimoine dans sa feuille de route pour les années à venir.  Selon elle, utiliser le terme matrimione, c’est avant tout faire apparaître une réalité.

Elise Calvez, membre active d’HF Bretagne ne dit pas autre chose : qui peut citer spontanément les noms d’au moins cinq compositrices ou cinq femmes de lettres ? Il manque la contribution de la moitié de la population dans la culture, déplore-t-elle.

En soi, le terme matrimoine, n’est peut-être pas un idéal, un objectif en tant que tel, juste un moyen de mettre un mot sur des faits, sur des histoires, sur des personnes,

Parler du matrimoine, c’est donc sortir d’un silence assourdissant. Un constat pris à bras le corps par le mouvement HF, qui a lancé les premières journées du matrimoine en France il y a plus de 10 ans.

Un constat d’absence, ausculté par HF + Bretagne, notre partenaire sur cette journée d’étude, qui publie cette année la 5e édition de son diagnostic sur les inégalités de genre dans les arts et la culture en Bretagne. Car « compter, c’est mesurer, objectiver et mettre en lumière les discriminations subies par les femmes et les personnes issues des minorités de genre » soulignent les autrices de ce rapport. Mais en 2023, rappelle Elise Calvez, les imaginaires restent bloqués sur des stéréotypes.

En cette veille des Journées Européennes du Patrimoine, Une pétition a même été lancée par le mouvement HF afin que ces journées du patrimoine deviennent aussi celles du matrimoine.

Un mot pour agir

Car aujourd’hui, le matrimoine est devenu un moteur puissant, qui dépasse les cercles féministes et militants. Il est puissant car il se pose comme un outil de transformation qui bouleverse les organisations, qui interroge les collectifs, qui transforme les pratiques professionnelles.

Interroger la transmission et la création au sein du PCI permet par exemple d’analyser et de comprendre les mécanismes de la domination et les enjeux de l’invisibilisation.

Nomindari SHAGDARSUREN, coordinatrice et conseillère artistique pour Routes nomades nous a donné l’exemple éclairant de la société mongole traditionnelle , avec un mode de vie et une tradition orale qui qui donnent une autonomie aux femmes et valorisent leur éducation, tout en soulignant la persistance de pratiques misogynes. Restons guerrières, conclut-elle !

Marie-Laure Cloarec, membre d’HF Bretagne nous a donné à comprendre à quel point le travail de fourmi effectué pour réaliser le podcast ‘’L’île aux femmes’’ a été immense. C’est l’un des premiers travaux d’envergure qui compile et analyse la place des femmes, en revendiquant le terme matrimoine.

Marthe Vassallo, chanteuse et auteure, en allant chercher Maryvonne Le Flem, l’informatrice d’Anatole Le Braz, entame elle aussi une démarche novatrice et nous fait découvrir l’itinéraire extraordinaire de cette femme, qui a échappé à toutes les catégorisations. Une démarche novatrice proche d’autres démarches liées au matrimoine, mais qu’elle tient à nuancer : méfions-nous de ce terme, insiste Marthe Vassallo. Le fait d’être une femme m’assigne, j’ai peur que cela ne nous empêche d’inclure les femmes dans un héritage commun.

Mais pour valoriser le matrimoine, encore faut-il le trouver. Car cet « effacement » qu’a décrit Ellen Hertz n’est pas qu’une idée, c’est une réalité.

Elisabeth Renaut, responsable du musée d’histoire de Saint-Brieuc pose la question de manière directe : est-ce que les femmes doivent être nues pour entrer au musée ? « La société est là, elle nous pose cette question du matrimoine  », a-telle martelé. Nous n’avons pas le choix.

Mais, avant valoriser ce matrimoine, il faut commencer tout au bout de la chaîne, bien avant que les publics ne découvrent une œuvre, un objet, un tableau, une chanson. Il convient de démarrer dès la collecte.

C’est ce qu’a décrypté Claire Gatti, directrice des archives municipales de Rennes , qui a souligné combien cette dimension a transformé leur pratique professionnelle. Et le travail n’est pas simple, sachant que les archives publiques comme privées sont avant tout celles des hommes.

Valoriser, mais comment ? Guirec Zeo, responsable des publics, au service patrimoine-tourisme-archives à Fougères nous a raconté que le matrimoine infuse l’intégralité des projets. Mais qu’il faut savoir également faire du matrimoine sans le dire, ou plutôt sans le nommer.

Penser le patrimoine en termes féministe, rappelle donc Ellen Hertz, permet  à la fois de transformer les rapports hommes femmes mais le patrimoine lui-même.

Et à la question posée sur la manière dont ses travaux ont été reçus, elle répond « bien », sous-entendant que qu’ils sont inoffensifs. « Je vais donc œuvrer à être mal reçue » conclut-elle. Nous espérons bien, avec cette première journée d’étude, suivre le même chemin.

Bretagne Culture Diversité et les médiathèques de Lorient lancent un nouveau cycle de conférences : « Femmes au travail »

Bretagne Culture Diversité et les médiathèques de Lorient s’associent pour vous annoncer l’organisation d’un second cycle de conférences pour la saison 2023/2024. Après le succès du cycle consacré aux migrations bretonnes*, nous nous pencherons cette fois-ci sur le travail au féminin.

Longtemps, dans une Bretagne restée très rurale, elles ont été les travailleuses des champs. Mais, dès la révolution industrielle, les femmes ont aussi rejoint l’usine, les conserveries ou l’industrie d’armement.  

Invisible, le travail féminin a été longtemps dévalorisé. Pourtant, les travailleuses sont aussi le fer de lance de progrès sociaux. À travers les éclairages d’expert·e·s mais aussi la parole de travailleuses, c’est une autre histoire de la Bretagne qui nous est aujourd’hui racontée.

*L’ensemble des conférences sont disponibles en replay sur les sites des organisateurs.

Le programme du dernier trimestre :

L’exposition « Buzudel, au bout du monde, une étincelle » à voir à Douarnenez du 19 au 26 août

L’exposition de Jérômine Dérigny, lauréate du concours photo Migrations Bretonnes, organisé par Bretagne Culture Diversité en 2022 sera à voir lors du festival de cinéma de Douarnenez du 20 au 26 août à la salle des Halles – place des Halles à Douarnenez.

Sous la forme d’un récit photographique, Jéromine Derigny, raconte l’ancrage de la famille Jouini à Buzudel, un hameau de la commune de Plonévez-Du-Faou, dans les Monts d’Arrée.

Un lieu poétique, propice à l’expérimentation, choisi par Houssine en 1981, arrivé de Tunisie quelques années auparavant. Ce sujet documentaire et intime est emblématique du travail de cette photojournaliste, passionnée par des thématiques à caractère social et humaniste, qui traite des futurs durables, générateurs de liens sociaux, en France et dans le monde.

Matrimoine[s] ?

Pour ouvrir le week-end des Journée européennes du patrimoine – consacrées cette année au patrimoine vivant – Bretagne Culture Diversité, en partenariat avec HF Bretagne, organise la journée d’étude « Matrimoine[s] ? ».

Contrairement aux idées reçues, le terme matrimoine n’est pas un néologisme et remonte au Moyen-Âge. Mais le mot a peu à peu été effacé de nos dictionnaires, jusqu’à sa réhabilitation au xxie siècle. Il renaît dans un contexte politique de revendications féministes et sociales, animées par l’enjeu de (re)donner aux femmes leur place dans un héritage culturel commun, mixte et égalitaire.

En effet, depuis les premières Journées du matrimoine organisées en France il y a plus de 10 ans, le terme tend à être de plus en plus employé. En Bretagne, il a d’ailleurs été intégré dans les principales mesures de l’actuelle politique culturelle du conseil régional. Cette notion devient ainsi un sujet à part entière pour les acteurs de la culture et du patrimoine présents sur le territoire.

Pour autant, de quoi le matrimoine est-il le nom ? Ne relève-t-il « que » de l’héritage des femmes ? Doit-on parler de matrimoine ? De patrimoine des femmes ? Ou d’un patrimoine par les femmes ?

S’interroger sur le matrimoine c’est aussi une manière de renouveler le regard que l’on porte sur le patrimoine en tant que grand récit. Issue de revendications sociales, cette notion constituerait une nouvelle catégorie patrimoniale interrogeable au regard des réflexions actuelles sur les patrimoines minoritaires, à une époque où tous les patrimoines n’ont pas le même statut social et la même reconnaissance.

Le matrimoine reste donc une source d’interrogations, de discussions – voire de dissensus – dont il convient de débattre collectivement. Cette journée d’étude propose ainsi un espace d’échange pour nourrir et renouveler notre regard sur les patrimoines.


10h00 – Discours d’ouverture : Élise CALVEZ, directrice de l’ADEC – Maison du théâtre de Rennes, Tudi KERNALEGENN, directeur de BCD, Jordan LE DOUGET, coordinateur de HF Bretagne

10h30-12h30 – Matrimoine[s] ?

Une matinée animée par Hélaine LEFRANÇOIS, journaliste
10h30-11h30 : Conférence d’Ellen HERTZ, professeure d’anthropologie à l’Institut d’ethnologie de l’Université de Neuchâtel (Suisse)
11h30-12h00 : Entretien avec Béatrice MACÉ, vice-présidente culture, droits culturels, EAC, Région Bretagne
12h00-12h30 : Échanges avec le public

14h00-15h30 : Table-ronde
« Le patrimoine culturel immatériel au regard du matrimoine »

Animée par Héléna TATARUCH,
chargée de mission sur le PCI, Bretagne Culture Diversité.

Définit par l’Unesco dans le cadre de la Convention de 2003, le patrimoine culturel immatériel est un patrimoine vivant, transmis de génération en génération et recréée en permanence. S’il participe à construire les identités des personnes qui le font vivre au quotidien, il n’en est pas moins traversé par des enjeux de genre et suscite, à ce titre, des interrogations.

15h45-17h45 : Table-ronde
« Le matrimoine, un outil de transformation ? »

Animée par Justine CAURANT, membre de HF Bretagne
Face à la réalité persistante de l’invisibilisation des femmes, certaines institutions culturelles s’emparent de la question et tentent de redonner une place aux femmes. Le matrimoine devient alors un outil critique, un levier de transformation qui peut participer à faire évoluer les projets, dépassant ainsi l’enjeu même de cette catégorie patrimoniale.

Les participant·e·s aux tables-rondes :
Marthe VASSALLO, chanteuse, auteur ; Élise CALVEZ, membre de HF Bretagne ; Claire GATTI, directrice des archives municipales de Rennes ; Guirec ZÉO, responsable des publics, service patrimoine-tourisme-archives à Fougères ; Élisabeth RENAULT, responsable du musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc ; Nomindari SHAGDARSUREN, coordinatrice & conseillère artistique pour Routes nomades ; Marie-Laure CLOAREC, membre active d’HF Bretagne…

17h45-18h00 : Conclusions et perspectives

Proposées par Anna QUÉRÉ, responsable de l’encyclopédie numérique Bécédia, Bretagne Culture Diversité

19h-20h : CONCERT DE MUGA

L’identité du patrimoine chanté aux Asturies est forte comme la voix des femmes qui le portent. Il vit au travers d’un chant puissant, même radical, si brut que méconnu. Muga veut donner à cette musique une nouvelle dimension artistique qui fuit le dogme de la tradition et s’attache aux perceptions propres de chaque musicien. Muga est la parole d’une femme, d’une chanteuse musicienne libérée des injonctions de jeu, de traditions et de représentions. Une femme qui chante son pays, sa condition, sa poésie, sa rudesse.
Clara Diez Márquez : chant et percussions / Martin Chapron : guitares / Thomas Felder : violon / Olivier Renet : traitement sonore

Projection et rencontre autour du film « Bienvenue mister Chang »

Dans le cadre du cycle « Migrations bretonnes » organisé par Bretagne Culture Diversité (BCD) et les médiathèques de Lorient, nous vous invitons à la projection du film « Bienvenue mister Chang » d’Anne Jochum et de Laëtitia Gaudin-Le Puil le mardi 15 novembre prochain à la Médiathèque François Mitterrand de Lorient à partir de 18h00.

Cette projection sera suivie d’une rencontre avec Laëtitia Gaudin-Le Puil animée par Anna Quéré.

Le 26 février 1982, la petite commune de Lanvénégen accueillait, sous la pluie, 21 réfugiés laotiens et hmongs. Trente cinq ans plus tard, Laëtitia Gaudin – Le Puil a retrouvé sa copine d’enfance Maryse Chang. Ensemble, elles ont remonté le temps et bousculé les mémoires. Les leurs, celles de Lanvénégen, celles de Monsieur et Madame Chang.

50e anniversaire de la grève du Joint Français

À l’occasion du 50e anniversaire de la grève du Joint français, une série d’événements se tient à Saint-Brieuc du 4 au 6 mai, coorganisée notamment par Arènes, BCD, le CRBC et le Musée d’art et histoire de Saint-Brieuc. Vous pouvez consulter l’appel à communication paru en amont du colloque universitaire, le programme du ciné-débat ou celui du colloque universitaire via le menu ci-dessous.

Organisation & partenaires :

Retour en images sur les Rencontres de Nantes

La première étape du cycle de Rencontres sur la diversité culturelle et des droits culturels à Nantes a été l‘occasion de nous redonner force et enthousiasme pour porter très haut et inscrire dans nos projets les valeurs véhiculées par les textes fondateurs de l’Unesco et de l’ONU.

La conférence de Patrick Chamoiseau, Recréer la Relation humaine (à voir ci-dessous), tout comme la conférence de Farida Shaheed sont des ressources inépuisables,  à retrouver très prochainement sur notre site www.bcd.bzh/bécédia , qui inscrivent fondamentalement les débats sur la diversité culturelle dans les enjeux contemporains de faire « humanité ensemble » et de développement durable.

L’intervention vidéo de Patrick Chamoiseau aux Rencontres Occident et Orient 2018.

Quelques images des Rencontres :

Giovanni Boccardi à la tribune

Sylvain Girault et Thiery Ménager le vendredi 23 novembre

Introduction des Rencontres par Charles Quimbert

Christian Ryo nous a présenté la pensée de Patrick Chamoiseau

Instant poétique avec Roland Pécout

L’exposition Bretagne & Diversité

L’exposition Bretagne & Diversité

L’intervention de Farida Shaheed

L’intervention de Farida Shaheed

Jean-Michel Le Boulanger et Jean-Michel Lucas à la tribune

Jean-Michel Lucas

Charles Quimbert et Caroline Troin

L’intervention de Giovanni Boccardi

Annick Madec et Lena Boisard-Le Coat